Obligation

Plusieurs établissements sous une même société : faut-il une personne formée par site ?

Oui, pour chaque établissement immatriculé en restauration. L'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 définit l'établissement par son numéro SIRET et demande que la personne formée figure dans l'effectif de chaque site. Trois restaurants exploités par une même société sous trois SIRET sont trois établissements, et une personne formée au siège ne les couvre pas. La franchise ne change rien : chaque franchisé exploite son propre établissement et porte l'obligation pour lui.

Formation hygiène alimentaire à Paris : les 14 heures obligatoires, dont 10 heures en ligne et 4 heures en salle, 349 € net de taxe.

  • Compter correctement ses établissements, identifiés par leur numéro SIRET, et non ses sociétés.
  • Savoir pourquoi le dirigeant formé, le service qualité du siège et le franchiseur ne couvrent aucune adresse.
  • Organiser un suivi interne des personnes formées, seul moyen de ne pas perdre la conformité au premier départ.

La règle en une phrase, et le mot qui la porte

Les articles L. 233-4 et D. 233-11 du code rural et de la pêche maritime prévoient que les établissements de restauration commerciale comptent dans leur effectif au moins une personne pouvant justifier d'une formation en matière d'hygiène alimentaire adaptée à leur activité. Le mot qui commande tout est établissement, et il ne désigne ni l'entreprise, ni la société, ni le groupe.

L'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 du 3 avril 2026 reprend la définition de l'Insee : un établissement est une unité de production géographiquement individualisée, mais juridiquement dépendante de l'entreprise, et à chaque établissement correspond un numéro SIRET. Une société qui exploite trois restaurants immatriculés comme trois établissements en exploite trois. Le nombre d'établissements ne dépend ni du chiffre d'affaires, ni de l'effectif, ni de la forme juridique. Seuls comptent, pour la formation, ceux qui sont immatriculés en 56.10A, 56.10B ou 56.10C.

La seconde partie de la phrase compte tout autant : dans leur effectif. L'instruction y inclut toutes les personnes qui travaillent pour l'entreprise, rémunérées ou non, gérant, conjoint collaborateur, stagiaire, alternant et intérimaire compris. Pour les entreprises multisites, elle précise que la personne formée doit être présente dans l'effectif du site, ce qui exclut un consultant, le comptable, le franchiseur ou une personne rattachée exclusivement au siège. C'est la conjonction de ces deux exigences qui produit la règle usuelle : une personne formée par établissement.

Là où l'erreur coûte cher

Le décompte se vérifie très simplement en contrôle, par recoupement entre le nom porté sur l'attestation et le registre unique du personnel prévu à l'article L. 1221-13 du code du travail, tenu par établissement. Une attestation au nom d'une personne qui ne figure pas dans le registre de ce site ouvre immédiatement la discussion.

Ce qu'est un établissement, et ce qui n'en est pas un

La difficulté ne porte jamais sur les cas simples. Trois restaurants dans trois rues différentes, chacun avec son SIRET, sont trois établissements, personne n'en doute. Les questions viennent des configurations intermédiaires, et l'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 en tranche plusieurs à son point 5.1.2.

Une cafétéria ou un restaurant rattaché à l'enseigne d'une grande ou moyenne surface, sous le SIRET et le code de celle-ci, n'est pas soumis à la formation. Une cafétéria indépendante de la grande surface, installée dans la galerie d'un centre commercial, l'est, et la personne formée doit compter dans l'effectif dédié à la cafétéria. Pour de petits sites de type kiosque, installés dans une gare ou un aéroport, réunis sous un même SIRET et gérés par un même responsable, une seule personne formée suffit : l'une de celles qui travaillent sur un kiosque, ou le responsable de l'unité.

Les autres situations ne se tranchent pas toujours par simple lecture des textes. Deux salles séparées par une cour, une seule cuisine et une seule équipe, sous un même SIRET, forment en pratique un seul établissement. La configuration réelle des locaux, l'immatriculation et l'organisation du personnel entrent dans l'appréciation, qui appartient au service départemental en charge de la protection des populations. Quand le doute est réel, un courrier décrivant précisément la configuration vaut mieux qu'une décision prise seul.

ConfigurationNombre d'établissementsPersonnes formées exigées
Une société, trois restaurants dans trois villes, trois SIRETTroisUne par restaurant
Trois sociétés distinctes, une adresse chacuneTroisUne par adresse
Une société, un restaurant avec deux salles et une cuisine commune, un SIRETUnUne
Franchiseur et dix franchisés indépendantsDix établissements exploités par dix exploitantsUne par franchisé, aucune au titre du franchiseur
Cafétéria rattachée au SIRET et au code d'une grande surfaceÉtablissement de la grande surfaceAucune au titre de ce texte
Kiosques de gare ou d'aéroport sous un même SIRET et un même responsableUne unité de gestionUne pour l'ensemble
Laboratoire central et trois points de vente qui assemblentSelon les SIRET et les codesUne par point de vente immatriculé en 56.10
Un camion et un restaurant fixe exploités par la même sociétéSelon les SIRETUne par établissement immatriculé en 56.10

Le dirigeant formé ne couvre pas ses trois adresses

C'est la question la plus fréquente des exploitants multi-sites, et la réponse est constante. Un dirigeant qui a suivi la formation détient une attestation à son nom. Elle prouve sa compétence, pas la présence d'une personne formée dans l'effectif de chacun de ses établissements. Le passage hebdomadaire du dirigeant sur chaque site ne fait pas de lui un membre de l'effectif de chacun au sens attendu en contrôle.

L'argument selon lequel le dirigeant serait présent partout se heurte à une vérification très concrète : le registre unique du personnel est tenu par établissement, au titre de l'article L. 1221-13 du code du travail, et l'agent qui contrôle recoupe le nom de l'attestation avec ce registre. Un dirigeant rattaché au siège n'y figure pas, et la discussion se ferme là.

La régularisation est simple : faire former un responsable par site. Elle a un avantage collatéral rarement mesuré. Une personne formée présente sur place peut répondre à un inspecteur, arbitrer une décision de retrait, expliquer une procédure et encadrer l'équipe au quotidien. Un dirigeant formé mais absent ne fait rien de tout cela, et la conformité formelle qu'il croyait détenir n'aurait de toute façon rien réglé.

Franchise, licence de marque et groupement

Le franchisé est un exploitant juridiquement distinct, qui exploite son propre établissement, avec son propre effectif et sa propre responsabilité. L'obligation de l'article L. 233-4 pèse donc sur lui, pour son établissement. Le fait que le franchiseur ait formé la totalité de son équipe support, qu'il diffuse des procédures et qu'il audite régulièrement le réseau n'y change rien.

L'obligation ne remonte pas non plus à la tête de réseau. Un franchiseur qui compterait une personne formée au siège ne couvre aucun de ses franchisés. Le raisonnement vaut pour les licences de marque, les groupements et les enseignes commerciales : ce sont des liens contractuels ou commerciaux, sans effet sur le champ d'application d'une obligation attachée à l'établissement.

Un point mérite d'être écarté explicitement, car il revient souvent : une formation dispensée en interne par le franchiseur, si complète soit-elle, ne délivre pas une attestation opposable, à moins que l'entité qui la dispense ne soit elle-même autorisée par le préfet de région et certifiée Qualiopi, conditions posées par l'article D. 233-12 du code rural et de la pêche maritime. Depuis le 1er février 2026, l'attestation porte d'ailleurs le numéro de l'arrêté préfectoral qui autorise l'organisme (instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185, point 6.2).

Laboratoire central et points de vente : la lecture au cas par cas

La configuration est fréquente dans les réseaux : une unité de production approvisionne plusieurs points de vente qui réchauffent, assemblent ou se bornent à servir. La question posée est de savoir si ces points de vente sont des établissements devant chacun compter une personne formée, ou de simples annexes du laboratoire central.

Le principe est celui de l'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 : chaque point de vente immatriculé sous son propre SIRET en 56.10A, 56.10B ou 56.10C est un établissement de restauration commerciale et doit compter sa personne formée. Le laboratoire central suit la règle de son propre code : immatriculé comme traiteur en 56.21 ou sous un code de fabrication, il n'est pas visé par l'obligation des quatorze heures. Des points de vente de type kiosque réunis sous un même SIRET et un même responsable, dans une gare ou un aéroport, peuvent être couverts par une seule personne formée.

Hors de ces cas, la lecture dépend de la configuration réelle des locaux et de l'immatriculation des sites. Elle appartient au service départemental en charge de la protection des populations, et elle peut varier d'un département à l'autre. Sur ce point plus que sur tout autre, poser la question par écrit avant d'ouvrir le troisième point de vente coûte beaucoup moins cher que de la découvrir en contrôle.

Là où l'erreur coûte cher

Le laboratoire central lui-même est un établissement, avec ses propres obligations. S'il cède des produits d'origine animale à d'autres établissements plutôt qu'au consommateur final, la question de l'agrément prévu par le règlement (CE) n° 853/2004 du 29 avril 2004 se pose, indépendamment de la formation.

Deux sociétés à une adresse, une société à deux adresses

Les montages juridiques ne suivent pas toujours la géographie, et il faut savoir revenir au critère. Deux sociétés distinctes exploitant chacune une activité alimentaire à la même adresse, par exemple une brasserie et un kiosque exploités séparément dans le même bâtiment, sont deux exploitants et doivent chacun satisfaire l'obligation pour l'activité qu'ils contrôlent.

À l'inverse, une société unique qui exploite deux établissements distincts, chacun avec son SIRET, doit satisfaire l'obligation deux fois, une par établissement. La détention commune, la comptabilité unique et la direction unique ne fusionnent pas les établissements. C'est la raison pour laquelle une croissance par ouverture de nouveaux points multiplie mécaniquement les obligations, ce que beaucoup d'exploitants découvrent à la troisième ouverture.

Le cas d'une société holding qui détient des sociétés d'exploitation appelle la même réponse. La holding n'exploite pas d'établissement alimentaire et n'a rien à satisfaire à ce titre. Chaque société d'exploitation porte l'obligation pour ses propres établissements. Une personne formée employée par la holding n'appartient à l'effectif d'aucun établissement d'exploitation, et ne couvre donc rien.

Le siège, le service qualité et le prestataire extérieur

Les réseaux structurés disposent souvent d'un service qualité, parfois d'un responsable hygiène, parfois d'un prestataire externe qui réalise des audits et rédige les plans de maîtrise sanitaire. Ces dispositifs sont utiles et souvent excellents. Ils ne satisfont pas l'obligation de l'article L. 233-4, parce que celle-ci exige une personne dans l'effectif de l'établissement.

La distinction n'est pas formaliste. Ce que vise le texte, c'est la présence sur le lieu d'exploitation d'une compétence mobilisable au quotidien : quelqu'un qui sache décider d'un retrait, expliquer une procédure à un nouvel arrivant, réagir devant une rupture de la chaîne du froid. Un auditeur qui passe deux fois par an ne remplit pas cette fonction, quelle que soit la qualité de ses rapports.

En pratique, les réseaux les mieux organisés combinent les deux : un service qualité central qui construit les référentiels et audite, et une personne formée par site qui les applique et répond en contrôle. C'est cette combinaison qui produit un niveau de maîtrise homogène, alors qu'un dispositif purement central produit des procédures que personne sur place ne s'approprie.

Combien de personnes formées par site, en pratique

Le texte fixe un plancher, pas un quota : une personne par établissement. Beaucoup d'exploitants multi-sites vont au-delà, et ce n'est pas par excès de zèle. Le renouvellement des équipes dans ce secteur est rapide, et la conformité repose, quand une seule personne est formée, sur un unique contrat de travail. Le jour où cette personne part, l'établissement cesse de satisfaire l'obligation, sans qu'aucun courrier ne le rappelle.

Former deux personnes par site divise ce risque, et le coût marginal est faible rapporté à celui d'une non-conformité relevée. Les réseaux qui appliquent cette règle la formulent généralement ainsi : le responsable du site et son adjoint. Cette formulation a l'avantage de survivre aux changements de personnes, puisqu'elle désigne des fonctions et non des noms.

Un troisième niveau de sécurité consiste à traiter la formation comme une étape du parcours d'intégration d'un responsable de site, au même titre que la remise des clés ou l'ouverture des accès informatiques. Un réseau qui procède ainsi n'a plus à surveiller la conformité : elle se reconstitue d'elle-même à chaque nomination.

  • Une personne formée par établissement : le plancher fixé par le texte.
  • Deux personnes par établissement : la pratique courante des réseaux, pour absorber les départs.
  • La formation intégrée au parcours de prise de fonction d'un responsable de site.
  • Un point de contrôle à chaque changement de responsable, avant la prise de poste et non après.
  • Une copie de chaque attestation conservée au siège, l'original restant accessible sur le site.

Suivre qui est formé : le tableau qui manque presque partout

Dans un réseau de dix sites, personne ne sait spontanément qui est formé où. L'information existe, dispersée entre des classeurs, des boîtes mail et la mémoire des responsables. Elle devient introuvable exactement au moment où on en a besoin, c'est-à-dire pendant un contrôle inopiné sur un site où le responsable est absent.

Un tableau de suivi tenu au siège règle le problème pour un coût nul. Il comporte, par site, le nom de la ou des personnes formées, la date de la formation, l'organisme et sa référence d'autorisation, l'emplacement de l'original et le lien vers la copie numérique. Il se met à jour à chaque formation et à chaque départ, et il se relit une fois par trimestre.

Sa relecture périodique est ce qui produit l'effet recherché. Elle fait apparaître les sites devenus non conformes à la suite d'un départ, ceux dont l'unique personne formée est en cours de mutation, et ceux dont l'attestation provient d'un organisme dont on ne retrouve plus la référence d'autorisation. Trois informations qu'aucun système ne remonte spontanément.

Là où l'erreur coûte cher

Une copie numérique conservée au siège ne dispense pas de rendre le document accessible sur le site. En contrôle, ce qui compte est qu'une personne présente ce jour-là puisse produire l'attestation dans un délai raisonnable, y compris lorsque le responsable est absent et que le siège est fermé.

Le remplacement quand la personne formée part

Le départ de la seule personne formée d'un site fait perdre la conformité le jour même. Aucun texte ne prévoit de délai de régularisation dans cette situation, et aucune alerte n'est envoyée. C'est un point que les réseaux découvrent souvent à l'occasion d'un contrôle, plusieurs mois après un départ que personne n'avait relié à cette obligation.

L'anticipation est la seule réponse efficace, et elle est facile à organiser. Un préavis de démission, une mutation programmée ou une fin de contrat connue à l'avance laissent le temps d'inscrire un remplaçant. Ce qui manque n'est pas le délai, c'est le réflexe de vérifier, au moment d'un départ, si la personne qui part était la personne formée du site.

Lorsque le départ est brutal et qu'aucun remplaçant n'est formé, deux voies existent. La première consiste à vérifier si un membre de l'effectif du site est dispensé, par un diplôme répondant aux conditions de l'arrêté du 18 novembre 2024 ou par trois ans d'expérience comme gestionnaire ou exploitant dans une entreprise du secteur alimentaire. La seconde consiste à inscrire immédiatement quelqu'un, en sachant que la séance en présentiel dépend des dates de session disponibles.

Ce que le multi-site change pour le reste des obligations

La logique de l'établissement ne vaut pas seulement pour la formation. La déclaration d'activité obéit à la même règle : l'article 6, paragraphe 2, du règlement (CE) n° 852/2004 impose que chaque établissement soit notifié à l'autorité compétente en vue de son enregistrement. Une déclaration unique au nom de la société ne couvre pas les trois adresses, et une ouverture de site suppose une déclaration nouvelle.

Le plan de maîtrise sanitaire obéit à la même logique de fond, avec une nuance utile. Les procédures peuvent être conçues centralement et partagées par le réseau, ce qui est même souhaitable pour l'homogénéité. Mais chaque site doit disposer d'un plan qui décrit ses locaux, ses équipements et son organisation réels, et qui porte ses propres enregistrements. Un classeur identique dans dix sites différents décrit neuf établissements qu'il ne connaît pas.

Les enregistrements, enfin, sont par nature locaux : relevés de température, contrôles à réception, suivi du nettoyage, non-conformités et actions correctives. Ils se tiennent sur place, se conservent sur place et se produisent sur place. Un réseau qui centralise ses enregistrements sur un outil commun doit s'assurer qu'ils restent consultables depuis le site le jour d'un contrôle, y compris en cas de panne d'accès.

Ce qu'un contrôle regarde dans un réseau

Un contrôle porte sur un site, pas sur un réseau. L'agent qui se présente examine cet établissement, ses locaux, son personnel, ses documents et ses enregistrements. La qualité de l'organisation centrale n'entre dans l'appréciation que si elle se traduit par ce qu'il constate sur place. Un référentiel exemplaire au siège ne compense pas une chambre froide à quinze degrés dans le troisième site.

La vérification de la personne formée suit le schéma habituel, avec un recoupement immédiat propre au multi-site : le nom porté sur l'attestation doit correspondre à une personne figurant au registre unique du personnel de cet établissement, tenu au titre de l'article L. 1221-13 du code du travail. L'attestation doit par ailleurs mentionner l'intitulé exact de la formation, sa durée de quatorze heures et, depuis le 1er février 2026, le numéro de l'arrêté préfectoral qui autorise l'organisme (instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185, point 6.2), autorisation exigée par l'article D. 233-12 du code rural et de la pêche maritime.

Le manquement à cette obligation ne se juge pas isolément. Relevé seul dans un site propre et documenté, il donne lieu à un rappel à la réglementation ou à une mise en demeure de régulariser dans un délai fixé par l'autorité. Relevé dans plusieurs sites d'un même réseau, il cesse d'apparaître comme un accident et devient un indice d'organisation défaillante, ce qui pèse sur l'appréciation d'ensemble du niveau de maîtrise, dont dépendent les suites données au contrôle.

Cas concrets

Trois adresses, un seul dirigeant formé

Une société exploite trois points de restauration rapide dans la même ville. Le dirigeant a suivi la formation et estime couvrir les trois adresses puisqu'il passe sur chaque site plusieurs fois par semaine.

L'obligation porte sur l'établissement : trois points de restauration rapide immatriculés sous trois SIRET sont trois établissements, et chacun doit compter une personne formée dans son effectif, comme le rappelle l'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 pour les entreprises multisites. Le passage régulier du dirigeant ne fait pas de lui un membre de l'effectif de chaque site au sens attendu en contrôle, ce que le recoupement avec le registre unique du personnel tenu par établissement, au titre de l'article L. 1221-13 du code du travail, met en évidence immédiatement. La régularisation consiste à faire former un responsable par site. Beaucoup d'exploitants multi-sites forment deux personnes par établissement, parce que le renouvellement des équipes fait perdre la conformité au premier départ, sans aucun signal.

Le franchisé qui compte sur son franchiseur

Un franchisé vient d'ouvrir. Le franchiseur lui a fourni un plan de maîtrise sanitaire complet, un manuel de procédures et un module de formation interne suivi par toute l'équipe. Le franchisé estime que ce dispositif satisfait l'obligation.

Le franchisé exploite son propre établissement, avec son propre effectif : l'obligation de l'article L. 233-4 du code rural et de la pêche maritime pèse sur lui et ne remonte pas au franchiseur. Le module interne ne délivre pas une attestation opposable, sauf si l'entité qui le dispense est elle-même autorisée par le préfet de région et certifiée Qualiopi, conditions posées par l'article D. 233-12 du code rural et de la pêche maritime. Depuis le 1er février 2026, l'attestation porte d'ailleurs le numéro de l'arrêté préfectoral qui autorise l'organisme (instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185, point 6.2). Le franchisé doit donc soit être formé lui-même, soit faire former une personne de son effectif, soit justifier d'une dispense avec ses pièces. Le plan fourni par le franchiseur doit par ailleurs être adapté aux locaux réels de ce site.

Le laboratoire central et les trois kiosques

Une société exploite un laboratoire qui produit chaque matin, et trois kiosques qui réchauffent et servent. Le laboratoire compte une personne formée. Les kiosques emploient chacun deux personnes, aucune formée.

La réponse dépend de l'immatriculation des kiosques. L'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 prévoit que de petits sites de type kiosque, installés dans une structure comme une gare ou un aéroport, ayant un même numéro SIRET et regroupés en une unité de gestion sous un même responsable, peuvent être couverts par une seule personne formée : l'une de celles qui travaillent sur un kiosque, ou le responsable de l'unité. Si chaque kiosque est immatriculé sous son propre SIRET en 56.10, chacun doit compter sa personne formée. Le laboratoire suit la règle de son propre code d'activité. La conduite à tenir est de vérifier les immatriculations, puis de décrire l'organisation par écrit au service départemental en cas de doute. Indépendamment de ce point, la question de l'agrément prévu par le règlement (CE) n° 853/2004 se pose pour le laboratoire s'il cède des produits d'origine animale à d'autres établissements.

La personne formée mutée d'un site à l'autre

Un réseau mute la responsable formée d'un site vers un autre site du groupe pour y assurer l'ouverture. Le site d'origine se retrouve sans personne formée, ce que personne ne relève au moment de la mutation.

Le site d'origine cesse de satisfaire l'obligation le jour de la mutation, puisque la personne formée ne figure plus dans son effectif. Aucun délai de régularisation n'est prévu et aucune alerte n'est émise. La mutation aurait dû déclencher une vérification préalable, comme tout mouvement de personnel touchant une personne formée. Deux voies permettent de rétablir la situation : vérifier si un membre de l'effectif du site d'origine est dispensé, par un diplôme répondant aux conditions de l'arrêté du 18 novembre 2024 ou par trois ans d'expérience comme gestionnaire ou exploitant dans une entreprise du secteur alimentaire, ou inscrire immédiatement quelqu'un, en tenant compte du fait que la séance en présentiel dépend des dates de session disponibles.

Questions posées sur ce sujet

Une personne formée au siège couvre-t-elle tous les établissements ?
Non. L'article L. 233-4 du code rural et de la pêche maritime exige une personne formée dans l'effectif de chaque établissement. Une personne rattachée au siège ne figure au registre unique du personnel d'aucun site d'exploitation, et le recoupement est immédiat en contrôle.
Le dirigeant formé suffit-il s'il passe sur chaque site ?
Non. La présence régulière ne fait pas d'une personne un membre de l'effectif de chaque établissement au sens attendu en contrôle. La régularisation consiste à faire former un responsable par site, ce qui a aussi l'avantage d'une compétence disponible sur place au quotidien.
Un franchiseur peut-il former pour l'ensemble de son réseau ?
Seulement si l'entité qui dispense la formation est elle-même autorisée par le préfet de région et certifiée Qualiopi, conditions posées par l'article D. 233-12 du code rural et de la pêche maritime. Et même dans ce cas, chaque franchisé doit compter une personne formée dans son propre effectif : l'obligation ne remonte jamais à la tête de réseau.
Faut-il former une personne par équipe ou par site ?
Le texte exige une personne par établissement, sans exiger sa présence à chaque service ni une personne par équipe. En pratique, un site dont la personne formée ne travaille jamais sur le service du soir se prive de l'essentiel de l'intérêt du dispositif, ce qui explique que beaucoup de réseaux forment deux personnes par site.
Deux salles voisines exploitées ensemble comptent-elles pour deux ?
L'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 compte les établissements par numéro SIRET. Deux salles exploitées sous un même SIRET, avec une cuisine commune et une équipe unique, forment en pratique un seul établissement. En cas de doute, l'appréciation appartient au service départemental en charge de la protection des populations, et un courrier décrivant la configuration vaut mieux qu'une décision prise seul.
Faut-il déclarer chaque établissement séparément ?
Oui. L'article 6, paragraphe 2, du règlement (CE) n° 852/2004 impose que chaque établissement soit notifié à l'autorité compétente en vue de son enregistrement. Une déclaration unique au nom de la société ne couvre pas les autres adresses, et l'ouverture d'un nouveau site suppose une déclaration nouvelle.
Le plan de maîtrise sanitaire peut-il être commun à tous les sites ?
Les procédures peuvent être conçues centralement, ce qui favorise l'homogénéité. Mais chaque site doit disposer d'un plan décrivant ses locaux, ses équipements et son organisation réels, et portant ses propres enregistrements. Un classeur identique partout décrit des établissements qu'il ne connaît pas.
Que faire quand la seule personne formée d'un site s'en va ?
L'établissement cesse de satisfaire l'obligation le jour même, sans délai de régularisation prévu. Il faut vérifier si un membre de l'effectif est dispensé, par diplôme au titre de l'arrêté du 18 novembre 2024 ou par expérience de gestion, ou inscrire immédiatement quelqu'un en tenant compte des dates de session disponibles pour la séance en présentiel.

Le format

14 heures : 10 heures en distanciel, à suivre à votre rythme, puis 4 heures en présentiel avec manipulation, imposées par l'arrêté du 12 février 2024. 349 € net de taxe par personne, exonérés de TVA.

Commencez aujourd’hui, venez en salle quand cela vous arrange.

Hygiène 14 délivre l'attestation après validation des deux conditions : enseignement à distance terminé et présentiel émargé.