Obligation

Food truck et commerce ambulant : qui doit être formé, et que faut-il déclarer ?

Oui, lorsqu'il est immatriculé en restauration. Un camion, une remorque ou un stand qui vend des repas relève de la restauration rapide, code NAF 56.10C, que l'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 cite expressément pour la restauration mobile. Une personne au moins doit alors justifier de la formation de quatorze heures. Le critère est l'activité principale déclarée : un étal de produits bruts immatriculé en commerce de détail n'est pas visé. Elle se cumule avec la déclaration d'activité et la carte ambulante.

Formation hygiène alimentaire à Paris : les 14 heures obligatoires, dont 10 heures en ligne et 4 heures en salle, 349 € net de taxe.

  • Savoir si votre camion, votre remorque ou votre stand entre dans le champ, à partir du code d'activité sous lequel il est immatriculé.
  • Distinguer les trois formalités qui se ressemblent et n'ont ni le même objet ni la même autorité : formation, déclaration d'activité, carte ambulante.
  • Préparer une unité mobile à un contrôle sur la voie publique, où tout se joue en quelques minutes et sans bureau où chercher un classeur.

Ce qui fait d'un camion un établissement au sens du texte

Beaucoup d'exploitants ambulants supposent que l'obligation de formation vise les murs. Elle vise l'activité principale déclarée. Les articles L. 233-4 et D. 233-11 du code rural et de la pêche maritime prévoient qu'au moins une personne de l'effectif des établissements de restauration commerciale soit formée. L'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 du 3 avril 2026 précise que ces établissements se reconnaissent à leur code NAF : 56.10A, 56.10B ou 56.10C. Aucun de ces textes ne conditionne l'obligation à l'existence d'un local fixe, d'une salle, d'une terrasse ou d'un bail commercial.

Le règlement (CE) n° 852/2004 du 29 avril 2004 tranche d'ailleurs la question de manière explicite dans son annexe II, chapitre III, qui traite des locaux mobiles ou temporaires : sont visés les tentes, les étals de marché, les véhicules de vente ambulante et les installations analogues. En droit alimentaire européen, un camion aménagé est un local. La conséquence est simple : l'absence d'adresse fixe ne fait sortir aucun camion des règles d'hygiène.

L'instruction range expressément la restauration mobile en 56.10C : vente de repas dans des équipements mobiles, préparation de repas sur des éventaires ou sur les marchés, vente de crème glacée dans des chariots, services de restauration mobile dans des véhicules à moteur ou des chariots non motorisés. Un camion immatriculé sous ce code doit donc compter une personne formée. La numérotation de ces codes évolue en 2026 avec la nouvelle nomenclature, sans changer les établissements concernés.

Le critère décisif : le code d'activité déclaré

L'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 ne raisonne pas geste par geste. Elle retient l'activité principale déclarée, c'est-à-dire le code NAF, aussi appelé code APE, attribué par l'Insee à l'immatriculation. Un camion immatriculé en 56.10C ou en 56.10A est visé, quoi qu'il serve. Un étal immatriculé sous un code de commerce de détail, comme la vente de fruits et légumes, ne l'est pas.

Le code doit pourtant dire la vérité. Si l'inspecteur constate que le code déclaré ne correspond pas à l'activité principale réellement exercée, l'information peut être transmise à la DGCCRF, qui peut demander une régularisation à l'exploitant. Un camion qui vit de la vente de repas sous un code de commerce de détail s'expose donc à un changement de code, et l'obligation suit.

Un exploitant ambulant qui n'est pas visé reste soumis aux règles d'hygiène. Le règlement (CE) n° 852/2004 lui impose des instructions ou une formation adaptées pour les personnes qui manipulent les denrées, et une personne formée à l'application des principes HACCP dans l'entreprise (instruction 2026-185, points 4.1 et 4.2). Rien ne l'empêche de suivre la formation de quatorze heures par choix.

Configuration ambulanteCe que dit l'instruction 2026-185Formation de 14 heures exigée
Camion cuisine avec plancha ou friteuseServices de restauration mobile, code 56.10COui, si immatriculé en 56.10
Remorque à pizzas avec fourVente de repas dans un équipement mobile, code 56.10COui, si immatriculée en 56.10
Stand de crêpes ou de churros sur un marchéPréparation de repas sur un éventaire ou un marché, code 56.10COui, si immatriculé en 56.10
Camion qui réchauffe des plats cuisinés par un tiersVente de repas dans un équipement mobile, code 56.10COui, si immatriculé en 56.10
Chariot de glacesVente de crème glacée dans des chariots, code 56.10COui, si immatriculé en 56.10
Étal de fruits et légumes brutsCommerce de détail, code hors 56.10Non au titre de ce texte
Vente de conserves et produits secs préemballésCommerce de détail, code hors 56.10Non au titre de ce texte

Là où l'erreur coûte cher

Un étal de fruits et légumes qui ajoute une presse à jus ou une planche de dégustation reste hors de l'obligation des quatorze heures tant que la vente de fruits demeure son activité principale déclarée. Si la vente de préparations devient l'activité principale, c'est le code qui doit changer, et l'obligation avec lui.

Deux camions : un établissement ou deux ?

La question revient dès qu'une activité ambulante prospère. L'obligation se compte par établissement, et l'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 définit l'établissement comme une unité géographiquement individualisée de l'entreprise, à laquelle correspond un numéro SIRET. La personne formée doit appartenir à l'effectif de cet établissement.

Le raisonnement inverse rassure beaucoup d'exploitants. Un seul camion qui dessert cinq emplacements différents dans la semaine reste un seul établissement. Cinq communes, cinq marchés, cinq autorisations d'occupation : cela multiplie les formalités d'emplacement, pas les obligations de formation.

Deux camions exploités par la même société posent une question que l'instruction ne tranche pas expressément. Elle admet, pour des kiosques de gare ou d'aéroport réunis sous un même SIRET et un même responsable, qu'une seule personne formée couvre l'ensemble. Pour des véhicules qui tournent chacun avec sa propre équipe, la lecture appartient au service départemental : mieux vaut lui décrire la situation par écrit, ou former une personne par camion, ce qui règle la question.

Là où l'erreur coûte cher

L'attestation appartient à la personne, jamais au véhicule. Si le seul membre de l'équipe formé quitte l'entreprise, l'unité mobile cesse de satisfaire l'obligation le jour même, sans qu'aucun courrier ne vienne le rappeler. Sur une activité saisonnière à fort renouvellement d'équipe, c'est la première cause de perte de conformité.

Le stand de marché, le forain et la tournée de village

Le marché hebdomadaire pose exactement les mêmes questions qu'un camion, avec une contrainte supplémentaire : l'installation est démontée chaque jour, donc reconstituée chaque jour, ce qui multiplie les occasions de rupture. L'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 cite la préparation de repas sur des éventaires ou sur les marchés parmi les activités du code 56.10C : un stand immatriculé sous ce code doit compter une personne formée. Un stand qui vend des produits bruts ou préemballés sous un code de commerce de détail ne relève pas de cette obligation précise, ce qui ne l'exonère d'aucune des règles du règlement (CE) n° 852/2004.

La tournée de village, le passage devant une zone d'activité au moment du déjeuner, le stationnement devant un chantier : ce sont des variantes du même modèle. Le fait que le stationnement soit bref, que la vente dure quarante minutes ou que la clientèle soit toujours la même ne réduit ni l'obligation de formation d'un établissement immatriculé en 56.10, ni les exigences sanitaires applicables aux installations mobiles.

Les fêtes foraines, les festivals et les marchés de saison introduisent un cas particulier : l'exploitant occasionnel. Il faut distinguer nettement le professionnel qui exerce quelques semaines par an et l'organisateur bénévole d'une manifestation locale. Le premier relève de la règle commune : s'il est immatriculé en 56.10, il doit compter une personne formée, quelle que soit la durée de son ouverture. Le second relève d'une lecture différente, traitée dans le dossier consacré aux associations et aux ventes occasionnelles.

  • Camion, remorque ou triporteur immatriculé en 56.10C : dans le champ, une personne formée dans l'effectif de l'établissement.
  • Stand de marché immatriculé en 56.10C : dans le champ.
  • Étal de produits bruts immatriculé en commerce de détail : hors du champ de cette obligation précise.
  • Point de vente saisonnier de plage ou de station immatriculé en 56.10, même ouvert quelques semaines : dans le champ.
  • Distributeur automatique approvisionné par un tiers : régime distinct, à traiter avec l'exploitant du distributeur ; la vente par distributeur de repas préparés sur place figure, elle, en 56.10C.

La déclaration d'activité : à qui, quand, pour quoi

La formation ne remplace pas la déclaration, et la déclaration ne remplace pas la formation. Ce sont deux obligations distinctes, souvent confondues parce qu'elles s'adressent au même service. Le règlement (CE) n° 852/2004 du 29 avril 2004 impose à son article 6, paragraphe 2, que tout exploitant du secteur alimentaire notifie à l'autorité compétente chacun des établissements dont il a la responsabilité, en vue de son enregistrement. En France, cette notification prend la forme d'une déclaration auprès de la direction départementale en charge de la protection des populations.

Pour une activité ambulante, la question qui revient est celle du département compétent. La déclaration se fait auprès du service du département où l'établissement est implanté, ce qui pour une unité mobile s'entend en pratique du lieu de remisage et du siège de l'activité, et non de chacune des communes desservies. Une activité qui traverse plusieurs départements dans la semaine n'impose pas une déclaration par département : mieux vaut poser la question par écrit au service compétent que de multiplier les envois ou de n'en faire aucun.

Le même article impose de signaler les modifications significatives et la cessation d'activité. Changer de véhicule, ajouter une seconde unité mobile, passer de la vente de produits bruts à la préparation de plats : ce sont des modifications qui méritent un courrier. Une déclaration faite une fois pour toutes en début d'activité, puis jamais actualisée, décrit au bout de deux ans une activité qui n'existe plus.

Là où l'erreur coûte cher

La déclaration d'activité n'est ni une autorisation, ni un agrément, ni un label. Elle ne vaut pas conformité et ne protège d'aucun contrôle : elle rend l'établissement connu du service, ce qui est précisément ce que l'on cherche, mais elle ne dit rien de la qualité de votre plan de maîtrise sanitaire.

La carte de commerçant ambulant, une formalité qui n'a rien à voir avec l'hygiène

C'est la confusion la plus fréquente du secteur, et elle se règle en une phrase : la carte permettant l'exercice d'une activité commerciale ou artisanale ambulante relève de l'article L. 123-29 du code de commerce et du décret n° 2010-1461 du 30 novembre 2010. Elle concerne le fait d'exercer une activité ambulante hors de la commune du domicile ou du siège de l'entreprise. Elle ne porte pas sur la sécurité des denrées et ne dispense en rien de la formation hygiène.

L'inverse est vrai également : l'attestation de formation hygiène ne remplace pas la carte, ne vaut pas autorisation d'exercer une activité ambulante et ne se présente pas à un agent qui contrôle le titre d'exercice. Deux textes, deux objets, deux autorités. Il faut les traiter séparément, avec deux dossiers distincts, et ne pas s'étonner que l'un soit demandé sans l'autre selon qui contrôle.

En pratique, un exploitant ambulant qui prépare des denrées se trouve donc à devoir tenir ensemble plusieurs pièces qui n'ont pas la même origine. Les avoir dans le même porte-documents à bord n'est pas une obligation réglementaire, mais c'est la seule méthode qui tienne quand un contrôle se déroule debout, sur un marché, entre deux services.

  • Attestation de formation en hygiène alimentaire, au titre de l'article L. 233-4 du code rural et de la pêche maritime.
  • Preuve de la déclaration d'activité auprès de la direction départementale en charge de la protection des populations.
  • Carte permettant l'exercice d'une activité commerciale ou artisanale ambulante, si l'activité s'exerce hors de la commune du siège.
  • Autorisation d'occupation du domaine public ou place attribuée sur le marché, selon l'emplacement.
  • Plan de maîtrise sanitaire du camion, avec ses relevés à jour.
  • Justificatifs de traçabilité : bons de livraison, factures, étiquettes conservées.

L'emplacement : autorisation d'occupation et pouvoir de police du maire

Un camion ne se gare pas où il veut. L'occupation du domaine public est soumise à autorisation, principe posé par l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : nul ne peut occuper une dépendance du domaine public sans disposer d'un titre l'y habilitant. Selon les cas, ce titre prend la forme d'un permis de stationnement, d'une autorisation d'occupation temporaire ou d'une place attribuée sur un marché.

Le maire dispose par ailleurs, au titre de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, d'un pouvoir de police qui couvre la sûreté et la commodité du passage, la propreté et la tranquillité publique. C'est à ce titre que les communes fixent les horaires, les emplacements autorisés, les règles de branchement électrique et les conditions de gestion des déchets. Ces règles varient d'une commune à l'autre : il n'existe pas de régime national de l'emplacement.

Cette compétence locale explique une bonne part des mauvaises surprises du métier. Une autorisation obtenue dans une commune ne vaut rien dans la commune voisine. Un emplacement accordé pour une saison n'est pas reconduit de droit. Un règlement de marché peut imposer des contraintes matérielles que le camion ne remplit pas encore. Ce sont des sujets à traiter avant l'achat du véhicule, pas après.

Ce que le règlement européen exige d'une installation mobile

L'annexe II, chapitre III, du règlement (CE) n° 852/2004 du 29 avril 2004 est le texte de référence des installations mobiles ou temporaires. Il n'impose pas les mêmes surfaces qu'une cuisine fixe, mais il fixe des exigences de résultat qui, dans un espace réduit, sont souvent plus difficiles à tenir. Les installations doivent être implantées, conçues, construites, nettoyées et entretenues de manière à éviter la contamination, en particulier par les animaux et les organismes nuisibles.

Trois exigences reviennent systématiquement en contrôle sur une unité mobile. Un dispositif permettant le lavage hygiénique des mains doit être disponible, ce qui suppose de l'eau, un moyen de commande qui ne soit pas la main sale, du savon et un moyen de séchage à usage unique. De l'eau potable en quantité suffisante doit être disponible, et l'eau usée collectée séparément. Les denrées doivent être maintenues à des températures maîtrisées, ce qui, sur un plan de travail exposé au soleil, ne se règle pas par la bonne volonté.

Ces exigences se déclinent aussi dans les surfaces et les matériaux. Les surfaces en contact avec les denrées doivent être lisses, lavables, résistantes à la corrosion et non toxiques. Le bois brut, le plan de travail rayé, le joint de silicone noirci, la caisse de transport ébréchée sont des constats fréquents sur les stands, parce que le matériel voyage, se cogne et vieillit plus vite que dans une cuisine fixe.

Là où l'erreur coûte cher

L'alimentation en eau est le premier poste de non-conformité sur les unités mobiles. Une réserve d'eau propre trop petite, remplie la veille et jamais vidangée, ou un lave-mains sans savon ni de quoi se sécher les mains, transforme une installation soignée en constat de non-conformité en quelques minutes.

Le froid et la chaîne du froid, contrainte spécifique de l'ambulant

Sur un camion, la chaîne du froid est mise à l'épreuve trois fois par service : au chargement, pendant le trajet et pendant l'exposition. L'arrêté du 21 décembre 2009 relatif aux règles sanitaires applicables aux activités de commerce de détail, d'entreposage et de transport de produits d'origine animale et denrées alimentaires en contenant fixe les températures applicables à l'entreposage et au transport de ces denrées. C'est le texte à connaître, plus encore que dans une cuisine fixe, parce que l'ambulant transporte tout ce qu'il utilise.

La difficulté n'est pas de connaître les températures, elle est de les tenir pendant les phases de transition. Un groupe froid coupé pendant le trajet parce qu'il ne fonctionne qu'au branchement secteur, une glacière ouverte quinze fois pendant le service, une vitrine réfrigérée exposée plein sud : ce sont des situations ordinaires qui produisent des écarts réels. La réponse est matérielle avant d'être documentaire : autonomie de froid en roulant, enceintes séparées, ouverture minimisée.

Les relevés de température doivent suivre le rythme du service et non celui d'un bureau. Un relevé au chargement, un relevé à l'arrivée sur l'emplacement, un relevé en cours de service : trois lignes par jour valent mieux qu'un tableau mensuel rempli à la même heure et à la même valeur, qui se repère immédiatement en contrôle. Les enregistrements se conservent, et leur absence pèse davantage qu'un écart isolé correctement traité.

Le plan de maîtrise sanitaire d'un camion ne ressemble pas à celui d'une cuisine

Le plan de maîtrise sanitaire reste obligatoire, au titre de l'article 5 du règlement (CE) n° 852/2004, qui impose des procédures permanentes fondées sur les principes HACCP. Mais un plan recopié d'un modèle de restaurant fixe se contredit à chaque page dès qu'on l'ouvre dans un camion : il décrit une zone de plonge qui n'existe pas, un vestiaire qui n'existe pas, une marche en avant dans l'espace impossible à tracer sur quatre mètres carrés.

Un plan adapté à l'ambulant traite les points que la mobilité crée réellement. La marche en avant s'organise dans le temps plutôt que dans l'espace : on ne croise pas le propre et le sale au même moment, faute de pouvoir les séparer géographiquement. Le lavage des mains est décrit avec le dispositif réellement embarqué. Le transport devient une étape à part entière du diagramme de fabrication, avec ses propres points de vigilance et ses propres enregistrements.

Le plan doit également traiter ce qui arrive au retour : que devient un produit entamé et rapporté au local de remisage, comment sont nettoyés le matériel et les bacs, où se fait la plonge, comment sont éliminés les déchets et les eaux usées. Ce sont ces réponses que cherche un inspecteur, parce qu'elles sont propres au métier et qu'elles ne peuvent pas être empruntées à un autre.

Les dispenses, et pourquoi elles se plaident mal sur un marché

Les deux dispenses de droit commun s'appliquent à l'ambulant comme aux autres. La première tient au diplôme : l'arrêté du 18 novembre 2024 fixe la liste des diplômes et titres à finalité professionnelle qui dispensent de suivre la formation. Sont visés les diplômes et titres de niveau 3 ou supérieur inscrits au répertoire national des certifications professionnelles, délivrés après le 1er janvier 2006. C'est l'intitulé exact porté sur le parchemin qui doit se retrouver dans cette liste, et non le domaine général. La seconde tient à l'expérience : l'article L. 233-4 dispense les personnes justifiant d'au moins trois ans d'expérience au sein d'une entreprise du secteur alimentaire comme gestionnaire ou exploitant.

La difficulté propre au métier n'est pas juridique, elle est pratique. Une dispense se prouve avec des pièces, et un contrôle sur un marché se déroule debout, sans bureau, sans imprimante et sans le classeur resté au local. Un exploitant qui affirme être dispensé sans pouvoir produire son diplôme ou son extrait d'immatriculation se trouve dans la même position que celui qui n'a rien : la discussion s'engage, et elle se solde par une demande de production ultérieure.

La méthode qui fonctionne consiste à traiter la dispense comme un document embarqué. Copie du diplôme, ou dossier d'expérience daté et complet, dans le porte-documents du véhicule et en copie numérique accessible depuis un téléphone. C'est aussi ce qui permet à un salarié présent seul sur le stand de répondre à la place du gérant absent, situation qui est la règle plutôt que l'exception dans ce métier.

Là où l'erreur coûte cher

L'expérience de gestion vise une qualité de direction, pas une ancienneté au poste de travail. Des années passées en cuisine comme salarié, si nombreuses soient-elles, ne dispensent pas. L'appréciation des pièces produites appartient à l'agent qui contrôle, puis à l'autorité administrative, et elle peut varier d'un département à l'autre.

Ce qu'un inspecteur regarde sur un stand, dans l'ordre

Un contrôle sur un marché ou devant un camion est plus court qu'en cuisine fixe, et plus visuel. L'agent voit d'abord l'installation dans son ensemble : propreté générale, protection des denrées exposées, séparation du propre et du sale, tenue du personnel. Il regarde ensuite le froid, parce que c'est là que les écarts se mesurent avec un thermomètre et non par appréciation. Puis il demande les documents, et c'est à ce moment que l'organisation d'un exploitant se voit.

La question de la personne formée arrive presque toujours avec les documents. Elle est simple et elle se recoupe : l'attestation existe, elle mentionne l'intitulé exact de la formation, sa durée de quatorze heures et la référence d'autorisation de l'organisme, et le nom qui y figure correspond à une personne appartenant à l'effectif. L'organisme doit être autorisé par le préfet de la région de son siège et certifié Qualiopi, au titre de l'article D. 233-12 du code rural et de la pêche maritime. Depuis le 1er février 2026, l'attestation porte le numéro de l'arrêté préfectoral qui l'autorise (instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185, point 6.2).

Le manquement à cette obligation ne se juge pas isolément. Relevé seul sur un stand propre, documenté et bien tenu, il donne lieu à un rappel à la réglementation ou à une mise en demeure de régulariser dans un délai fixé par l'autorité. Cumulé à des écarts constatés sur le froid, sur le lavage des mains ou sur la protection des denrées, il pèse sur l'appréciation d'ensemble du niveau de maîtrise, dont dépendent les suites données au contrôle.

Cas concrets

Le camion qui ne fait que réchauffer

Un exploitant achète chaque matin des plats cuisinés à un laboratoire, les transporte dans son camion et les remet en température au bain-marie avant de les servir en barquettes. Il estime ne pas cuisiner, donc ne pas être concerné.

Le critère n'est pas le geste mais le code d'activité. Un camion qui vend des repas est en principe immatriculé en 56.10C, que l'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 cite pour la vente de repas dans des équipements mobiles : il doit alors compter une personne formée, que les plats soient cuisinés à bord ou seulement réchauffés. Le plan de maîtrise sanitaire doit par ailleurs traiter précisément les deux étapes qui portent le risque dans cette configuration : le transport depuis le laboratoire, avec ses températures et ses durées, et la remise en température, avec sa cible et sa vérification. La traçabilité des lots fournis par le laboratoire doit être conservée, puisque l'exploitant reste responsable de ce qu'il remet au consommateur.

Deux camions, un seul gérant formé

Une société exploite deux food trucks qui tournent sur des emplacements différents, chacun avec sa propre équipe de deux personnes. Le gérant a suivi la formation et considère couvrir les deux véhicules puisqu'il les supervise tous les jours par téléphone.

L'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 compte les établissements par numéro SIRET, et la personne formée doit appartenir à l'effectif de chacun. Si les deux camions sont immatriculés comme deux établissements, chacun doit compter sa personne formée, et la supervision à distance du gérant ne suffit pas. S'ils partagent un même SIRET, l'instruction ne traite pas expressément le cas des véhicules : elle admet seulement, pour des kiosques de gare ou d'aéroport réunis sous un même SIRET et un même responsable, qu'une seule personne couvre l'unité. La régularisation la plus sûre consiste à faire former une personne par camion. Beaucoup d'exploitants ambulants vont plus loin et forment deux personnes par unité, parce que la saisonnalité et le renouvellement des équipes font perdre la conformité au premier départ, sans qu'aucun signal ne le rappelle.

Le stand de crêpes du marché hebdomadaire

Une exploitante tient un stand de crêpes sur trois marchés par semaine, dans trois communes voisines. Elle a obtenu sa carte de commerçant ambulant et pense que cette carte couvre l'ensemble de ses obligations.

La carte permettant l'exercice d'une activité commerciale ou artisanale ambulante relève de l'article L. 123-29 du code de commerce et du décret n° 2010-1461 du 30 novembre 2010. Elle porte sur le droit d'exercer une activité ambulante, pas sur la sécurité des denrées, et ne dispense donc pas de la formation hygiène. Trois obligations distinctes se cumulent ici : la carte, la déclaration d'activité auprès de la direction départementale en charge de la protection des populations, et, le stand relevant du code 56.10C, la présence d'une personne formée. Les trois marchés ne multiplient pas ces obligations, puisqu'il s'agit d'une seule unité mobile ; en revanche chaque commune fixe ses propres conditions d'emplacement.

Le festival de trois jours et l'équipe de renfort

Un exploitant habituellement seul sur sa remorque recrute quatre extras pour un festival de trois jours et ouvre un second point de vente sous une tente, à trente mètres de sa remorque, tenu uniquement par les renforts.

La remorque et la tente sont deux installations distinctes, mais l'obligation se compte par établissement, au sens du numéro SIRET retenu par l'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185. Si la tente est exploitée sous le même SIRET que la remorque, la personne formée de l'établissement satisfait le texte, mais aucune personne formée ne sera présente sous la tente. La solution la plus simple consiste à placer sur le second point une personne déjà formée ou dispensée, plutôt qu'à improviser une inscription quelques jours avant l'événement : la partie en salle dépend des dates de session disponibles et ne se comprime pas. Indépendamment de ce point, l'ensemble du personnel manipulant des denrées doit être encadré et formé à l'hygiène à la mesure de son activité, au titre de l'annexe II, chapitre XII, du règlement (CE) n° 852/2004, ce qui suppose au minimum un temps d'accueil documenté pour des extras arrivés la veille.

Questions posées sur ce sujet

Un food truck doit-il vraiment avoir une personne formée à bord ?
S'il est immatriculé en 56.10, le texte exige une personne formée dans l'effectif de l'établissement, sans imposer sa présence physique à chaque service, comme le rappelle l'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185. En pratique, sur une unité mobile où l'équipe se réduit à une ou deux personnes, la distinction perd de son intérêt : si la personne formée n'est jamais sur le camion, l'exploitant devra expliquer en quoi elle appartient à l'effectif de cette unité.
La carte de commerçant ambulant dispense-t-elle de la formation hygiène ?
Non. Elle relève de l'article L. 123-29 du code de commerce et du décret n° 2010-1461 du 30 novembre 2010, et porte sur le droit d'exercer une activité ambulante hors de la commune du siège. La formation hygiène relève de l'article L. 233-4 du code rural et de la pêche maritime et porte sur la sécurité des denrées. Les deux obligations se cumulent.
Faut-il déclarer son activité dans chaque commune où l'on s'installe ?
La déclaration prévue à l'article 6, paragraphe 2, du règlement (CE) n° 852/2004 se fait auprès de la direction départementale en charge de la protection des populations, et non commune par commune. Ce sont les autorisations d'emplacement qui relèvent de chaque commune, au titre du pouvoir de police du maire. Deux démarches différentes, deux interlocuteurs différents.
Je vends uniquement des produits emballés depuis mon camion, suis-je concerné ?
Si votre activité principale déclarée est un commerce de détail de produits préemballés, et non la restauration, codes 56.10A, 56.10B ou 56.10C, l'obligation de formation de quatorze heures ne vous vise pas. Le règlement (CE) n° 852/2004 continue de s'appliquer à votre activité, notamment pour la maîtrise des températures, la propreté de l'installation et la traçabilité.
Un camion qui ne fonctionne que l'été est-il concerné ?
Oui, s'il est immatriculé en 56.10, et de la même manière. Aucun texte ne prévoit de seuil de durée en dessous duquel l'obligation disparaîtrait. La contrainte est de calendrier : la formation comporte des heures en salle qui dépendent des dates de session disponibles, ce qui suppose de s'y prendre au printemps pour une saison d'été et non la semaine de l'ouverture.
Le conjoint qui vient aider le week-end doit-il être formé ?
Le texte demande une personne formée dans l'effectif, pas la formation de chaque personne présente. En revanche, toute personne qui manipule des denrées doit être encadrée et formée à l'hygiène à la mesure de son activité, au titre de l'annexe II, chapitre XII, du règlement (CE) n° 852/2004. Un accueil documenté et des consignes écrites répondent à cette exigence.
Où conserver l'attestation quand on n'a pas de bureau ?
Dans le porte-documents du véhicule, avec les autres pièces demandées en contrôle, et en copie numérique accessible depuis un téléphone. Le point important n'est pas le support mais le fait qu'une personne présente ce jour-là sache où le document se trouve, y compris quand le gérant est absent.
Comment vérifier qu'un organisme de formation est réellement autorisé ?
En demandant par écrit le numéro et la date de son arrêté préfectoral d'autorisation, puis en recoupant ces éléments avec la liste des organismes publiée par les services de l'État en région. L'article D. 233-12 du code rural et de la pêche maritime, réécrit par le décret n° 2025-922 du 6 septembre 2025, exige que l'organisme soit autorisé par le préfet de la région de son siège et certifié Qualiopi. Un organisme qui hésite à communiquer ces références répond déjà à la question.

Le format

14 heures : 10 heures en distanciel, à suivre à votre rythme, puis 4 heures en présentiel avec manipulation, imposées par l'arrêté du 12 février 2024. 349 € net de taxe par personne, exonérés de TVA.

Commencez aujourd’hui, venez en salle quand cela vous arrange.

Hygiène 14 délivre l'attestation après validation des deux conditions : enseignement à distance terminé et présentiel émargé.