Obligation

Règlement CE 178/2002 : traçabilité, retrait et rappel

Le règlement (CE) n° 178/2002 pose quatre règles pour un restaurant : ne pas mettre sur le marché une denrée dangereuse, assumer la responsabilité de ce que l'on sert, pouvoir identifier ses fournisseurs, et retirer immédiatement une denrée suspecte en informant l'autorité compétente.

Vérifié le 6 octobre 2026 au regard de : Règlement (CE) n° 178/2002 du 28 janvier 2002, articles 14, 17, 18 et 19, version consolidée du 1er juillet 2024

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Publié le 5 juin 2026 · Mis à jour le 6 octobre 2026 · 7 min de lecture · Par Équipe pédagogique Hygiène 14

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Qui répond d'un plat servi : le restaurant ou son fournisseur ?

Le restaurant, pour tout ce qu'il sert. L'article 17 demande à l'exploitant de veiller, à chaque étape placée sous son contrôle, à ce que les denrées respectent la législation alimentaire, et de le vérifier lui-même. Servir un plat, c'est le mettre sur le marché. Le fournisseur reste responsable de ce qu'il vous a livré, mais il ne reprend pas votre responsabilité sur ce que vous servez.

La conséquence pratique est simple : en contrôle, ce n'est pas à l'administration de prouver que vous êtes dangereux, c'est à vous de montrer comment vous maîtrisez. Vos enregistrements sont votre défense.

Référence : Article 17 du règlement (CE) n° 178/2002.

Article 18 : la traçabilité d'un pas en avant, un pas en arrière

La traçabilité exigée d'un restaurant est asymétrique. En amont, vous devez pouvoir dire de qui vient chaque denrée : c'est le rôle des bons de livraison et des factures. En aval, vous servez au consommateur final, qui n'est pas tracé.

Ce que l'on vous demande est donc concret : retrouver, pour un produit présent en cuisine, son fournisseur, sa date de livraison et son numéro de lot lorsqu'il existe. Un classeur chronologique de bons de livraison suffit, à condition qu'il soit tenu.

  • Conserver les bons de livraison et les factures, classés par date
  • Garder les étiquettes des produits à risque tant que le produit est en service
  • Étiqueter les produits déconditionnés avec la date d'ouverture
  • Noter le lot pour les denrées d'origine animale sensibles

Référence : Article 18 du règlement (CE) n° 178/2002.

Combien de temps garder les preuves de traçabilité ?

Le règlement ne fixe aucune durée : il laisse l'exploitant décider, mais un classeur vide au moment d'une alerte vaut manquement. Le document d'orientation publié par la Commission le 26 janvier 2010, qui reprend les conclusions du comité où siègent les États membres, propose des repères. La note de service DGAL N2005-8205 du 17 août 2005, qui donnait des repères proches aux inspecteurs français, est classée caduque sur le portail du ministère.

Prenez une pizzeria. Ses bons de livraison de mozzarella fraîche, de jambon cuit et de salade portent sur des produits à DLC courte, servis au consommateur final : 6 mois de conservation suffisent selon ces repères. Ses farines et ses conserves de tomate portent une date de durabilité minimale : leur durée de vie, plus 6 mois. Son vin, sans date, relève des 5 ans.

Produit achetéDurée de conservation proposéeExemple en cuisine
Règle générale, et produit sans date de durabilité5 ans à compter de la fabrication ou de la livraisonVin
Produit très périssable, DLC de moins de 3 mois, ou non préemballé sans date, remis au consommateur final6 mois après la livraison ou la fabricationViandes, poissons, crèmerie, fruits et légumes
Autre produit portant une date de durabilité minimaleDurée de vie du produit, plus 6 moisFarine, conserves, pâtes sèches

Référence : Document d'orientation du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale du 26 janvier 2010, partie sur l'article 18.

Article 19 : retirer, rappeler, informer

Si vous avez des raisons de penser qu'une denrée que vous avez servie ou détenez est dangereuse, l'article 19 impose de la retirer immédiatement et d'en informer l'autorité compétente. L'information n'est pas une option de politesse, c'est une obligation légale.

En pratique, un restaurant est le plus souvent destinataire d'un rappel décidé en amont : un fournisseur signale un lot, ou une alerte est publiée. La conduite à tenir est la même dans les deux sens, et elle se prépare avant d'en avoir besoin.

Le droit français arme cette obligation. Pour un produit d'origine animale, ou une denrée qui en contient, que l'on a produit ou transformé, l'article L. 237-2 du code rural punit de 5 ans d'emprisonnement et de 600 000 € d'amende le fait de le mettre sur le marché alors qu'il est préjudiciable à la santé, ou de ne pas engager le retrait ou le rappel exigé par l'article 19.

ÉtapeActionTrace à garder
DétectionIsoler physiquement le produit, l'identifierPhoto, quantité, lot
DécisionRetirer du service, ne pas jeter avant instructionNote datée et signée
InformationPrévenir le fournisseur et l'autorité compétenteCopie du message envoyé
SuitesNettoyage, révision de l'analyse des dangersFiche de non-conformité

Référence : Article 19 du règlement (CE) n° 178/2002 ; article L. 237-2, III, du code rural et de la pêche maritime.

Article 14 : ce qu'est une denrée dangereuse

Une denrée est considérée comme dangereuse si elle est préjudiciable à la santé ou impropre à la consommation. Le texte précise que l'appréciation tient compte des conditions normales d'utilisation et de l'information donnée au consommateur.

Cette dernière précision explique pourquoi l'information sur les allergènes relève du même univers juridique : une denrée parfaitement saine devient dangereuse pour un consommateur mal informé.

Référence : Article 14 du règlement (CE) n° 178/2002.

Questions fréquentes sur ce sujet

Faut-il tracer les clients d'un restaurant ?
Non. La traçabilité aval s'arrête au consommateur final. Un restaurant doit pouvoir remonter vers ses fournisseurs, pas suivre ses clients.
Combien de temps garder les bons de livraison ?
Le règlement ne fixe pas de durée. Le document d'orientation européen du 26 janvier 2010 propose 5 ans en règle générale, 6 mois après la livraison pour les produits à DLC de moins de 3 mois servis au consommateur final, et la durée de vie plus 6 mois pour un produit à date de durabilité minimale. Les factures suivent en plus leurs propres règles comptables.
Que faire d'un produit rappelé, déjà entamé ?
L'isoler, l'identifier clairement comme non destiné à la consommation, et suivre les consignes du rappel. Ne rien jeter avant d'avoir la trace de la décision, l'inspecteur peut demander à voir le produit.
Un restaurant doit-il déclarer une intoxication suspectée ?
Oui, dès qu'il a des raisons de penser qu'un plat servi peut nuire à la santé. L'article 19, paragraphe 3, impose d'informer immédiatement l'autorité compétente et de lui indiquer les mesures prises pour protéger les clients.

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