Contrôle

DDPP, DGAL, ARS, mairie : qui contrôle quoi

L'hygiène d'un restaurant est contrôlée par la direction départementale en charge de la protection des populations, au titre du règlement (UE) 2017/625. La consommation contrôle l'information du consommateur, l'agence régionale de santé l'eau, la mairie la salubrité.

Vérifié le 6 octobre 2026 au regard de : Règlement (UE) 2017/625

Formation hygiène alimentaire à Paris : les 14 heures obligatoires, dont 10 heures en ligne et 4 heures en salle, 349 € net de taxe.

Publié le 5 mai 2026 · Mis à jour le 6 octobre 2026 · 6 min de lecture · Par Équipe pédagogique Hygiène 14

Inspecteur présentant sa carte professionnelle à une cuisinière au début d'un contrôle sanitaire

Qui contrôle quoi dans un restaurant ?

Pour l'hygiène des denrées, c'est la direction départementale en charge de la protection des populations, la DDPP. Trois autres acteurs passent aussi la porte, chacun sur son terrain, avec des pouvoirs différents.

AutoritéCe qu'elle contrôleCe qu'elle peut décider
Services vétérinaires de la DDPPDenrées, PMS, températures, traçabilité, formationMise en demeure, consignation, fermeture
Concurrence et consommationAllergènes, prix, allégations, fait maisonInjonction, procès-verbal
Agence régionale de santéEau, enquête après cas groupésMesures sanitaires, alerte
MairieSalubrité du local, nuisances, terrasseArrêté municipal, mise en demeure

Référence : Règlement (UE) 2017/625.

Ce que la DGAL fait, et ne fait pas

La direction générale de l'alimentation pilote la politique de contrôle au niveau national : instructions techniques, priorités annuelles, doctrine. Elle ne visite pas les restaurants.

C'est pourtant elle qui écrit les instructions que l'inspecteur applique. Les consulter permet de savoir ce qui sera regardé en priorité dans l'année.

Ce qui a changé en 2023 et en 2024

Pendant des années, la sécurité sanitaire des aliments a été partagée entre la DGAL et la DGCCRF. Le gouvernement a décidé de la regrouper sous un seul pilote, le ministère de l'Agriculture. La réforme s'est faite par étapes et s'est achevée début 2024.

Pour un restaurateur, l'effet se voit surtout à la porte. Le contrôleur qui se présente peut être un agent de l'État ou le salarié d'un organisme délégataire. Vos obligations ne changent pas pour autant : l'article 15 du règlement (UE) 2017/625 les applique aussi aux organismes délégataires.

DateCe qui changeCe que vous voyez
1er janvier 2023La DGAL devient compétente pour toute la sécurité sanitaire de l'alimentationUn seul ministère fixe la méthode des inspections d'hygiène
1er janvier 2024Une partie des inspections en remise directe, restauration commerciale comprise, est déléguée à des organismes publics ou privés, avec l'objectif de 80 % d'inspections en plusUn contrôleur d'un organisme délégataire peut inspecter votre cuisine

Référence : Ministère de l'Agriculture, communiqué du 15 mai 2023 ; règlement (UE) 2017/625, article 15, paragraphe 6.

Que peut faire l'agent une fois dans vos locaux ?

Pour les agents habilités de l'État, l'article L. 231-2-1 du code rural fixe la liste. Elle est plus large que ce que beaucoup d'exploitants imaginent, notamment sur les données numériques.

  • Entrer dans les locaux professionnels entre 8 heures et 20 heures, et en dehors de ces heures si le public est admis ou si une activité est en cours
  • Demander, copier ou saisir les documents professionnels, quel que soit leur support
  • Recueillir des renseignements et des justificatifs, sur place ou sur convocation
  • Accéder aux logiciels et aux données, et en obtenir une version lisible
  • Prélever des échantillons pour analyse

Référence : Article L. 231-2-1 du code rural et de la pêche maritime.

Un contrôle, plusieurs regards

Une même visite peut porter à la fois sur l'hygiène et sur l'information du consommateur, les deux compétences étant réunies dans la même direction départementale. Un même inspecteur peut donc relever une chambre froide trop chaude et une carte sans information sur les allergènes.

Les suites, elles, restent distinctes : les manquements à l'information relèvent d'un cadre différent de celui des manquements sanitaires.

La frontière n'est pas étanche dans l'autre sens non plus. L'article L. 205-1 du code rural habilite aussi les agents de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes à constater les infractions au titre du code consacré à la sécurité sanitaire des aliments.

Référence : Règlement (UE) n° 1169/2011 ; règlement (CE) n° 852/2004 ; article L. 205-1 du code rural et de la pêche maritime.

Questions fréquentes sur ce sujet

Faut-il vérifier l'identité de l'inspecteur ?
Vous pouvez demander sa carte professionnelle et le fondement de son intervention. C'est un réflexe légitime, notamment après des tentatives d'escroquerie signalées dans le secteur.
La mairie peut-elle fermer un restaurant ?
Le maire dispose de pouvoirs de police en matière de salubrité et de sécurité, distincts des suites sanitaires prises par le préfet sur rapport des services vétérinaires.
Qui intervient en cas d'intoxication alimentaire ?
L'agence régionale de santé pour l'enquête épidémiologique, les services vétérinaires pour l'établissement. Les deux échangent, et une visite suit presque toujours le signalement.
Doit-on ouvrir la cuisine à un contrôleur venu d'un organisme délégataire ?
Oui. L'accès aux locaux, aux documents et la coopération pendant la visite sont dus de la même façon, que le contrôle soit fait par un agent de l'État ou par un organisme délégataire. Demandez sa carte professionnelle comme pour tout contrôleur.

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