Méthode HACCP

Nouvelle recette, nouveau danger : réviser son analyse

L'analyse des dangers doit être révisée dès qu'un changement introduit un danger nouveau ou modifie un procédé : nouvel allergène, produit cru servi cru, cuisson basse température, sous vide, nouveau matériel. Un simple changement d'assaisonnement ne l'impose pas.

Vérifié le 6 octobre 2026 au regard de : Règlement (CE) n° 852/2004, article 5, paragraphes 2 et 4

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Publié le 11 mars 2026 · Mis à jour le 6 octobre 2026 · 6 min de lecture · Par Équipe pédagogique Hygiène 14

Inspecteur présentant sa carte professionnelle à une cuisinière au début d'un contrôle sanitaire

Quels changements de carte obligent à revoir l'analyse ?

Tout changement du produit, du procédé ou d'une étape. L'article 5 du règlement (CE) n° 852/2004 le dit en une phrase : dans ce cas, l'exploitant revoit sa procédure et y apporte les changements requis.

La Commission européenne cite les situations qui imposent de valider à nouveau : nouvelle matière première ou nouveau produit, matériel ou programme de nettoyage modifié, conditions de stockage changées, nouvel usage du plat, information sur un danger nouveau.

ChangementRévision nécessaire ?Pourquoi
Nouvel ingrédient allergèneOuiNouveau danger et information du consommateur à mettre à jour
Plat cru servi cru, tartare ou carpaccioOuiAucune étape destructrice, nouveau diagramme
Cuisson basse température ou sous videOuiNouveau couple temps température à valider
Préparation élaborée à l'avance là où tout était servi minuteOuiStockage à + 3 °C au plus (annexe I), refroidissement de + 63 °C à + 10 °C en moins de 2 heures (repère de l'annexe IV), remise en température à surveiller
Nouvelle garniture, même procédéNonLe procédé et les dangers sont inchangés
Changement de fournisseurNon, si le produit reste identiqueMise à jour de la traçabilité, pas de l'analyse

Référence : Article 5 du règlement (CE) n° 852/2004 ; communication de la Commission 2022/C 355/01, annexe II, point 10 ; arrêté du 21 décembre 2009, annexes I et IV.

La révision d'un plat, en une heure

Une heure suffit lorsque le plan de base est propre. C'est un argument de plus pour ne pas partir d'un document acheté que personne ne maîtrise.

  • Écrire le procédé réel du nouveau plat, étape par étape
  • Le rattacher à une famille existante, ou créer un diagramme si le procédé est nouveau
  • Passer les étapes au filtre des quatre familles de dangers
  • Vérifier si un point critique existant couvre le plat, ou s'il en faut un nouveau
  • Mettre à jour la fiche technique et la liste des allergènes
  • Dater la révision et la signer

L'allergène, le point le plus souvent manqué

Un plat nouveau peut introduire un allergène absent de la carte précédente : sésame dans un pain, fruits à coque dans une sauce, moutarde dans une vinaigrette, lupin dans une farine. Les quatre figurent parmi les 14 allergènes de l'annexe II du règlement (UE) n° 1169/2011.

La conséquence dépasse la cuisine : l'information au consommateur est obligatoire aussi pour les plats non préemballés, elle doit donc suivre le jour même de la mise en carte, et la fiche technique doit être à jour avant le premier service.

Référence : Règlement (UE) n° 1169/2011, article 9, article 44 et annexe II.

Le cas des cartes qui changent chaque semaine

Une carte hebdomadaire ne suppose pas une révision hebdomadaire du plan. Elle suppose un plan construit par procédé, pas par recette : si tous les plats de la semaine entrent dans les familles déjà analysées, rien à reprendre.

Le travail se déplace alors sur la fiche technique et les allergènes, qui doivent suivre le rythme de la carte, et sur la vigilance en cas de technique nouvelle.

Questions fréquentes sur ce sujet

Faut-il réviser le plan à chaque saison ?
Pas nécessairement. Si les procédés restent identiques, une relecture annuelle suffit, avec mise à jour des fiches techniques au fil des changements.
Un changement de fournisseur impose-t-il une révision ?
En principe non, sauf si le produit change de nature, par exemple un passage du surgelé au frais, ou si la composition introduit un allergène.
Qui doit valider la révision ?
La personne désignée dans le plan, généralement le dirigeant ou le chef. Ce qui compte est la date et la signature, qui rendent la révision démontrable.
Un plat servi une seule fois en suggestion doit-il entrer dans le plan ?
S'il relève d'une famille de procédés déjà analysée, non : le plan couvre le procédé, pas la recette. S'il apporte une technique nouvelle ou un allergène absent de la carte, la fiche technique et l'information au client précèdent le premier service.

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