Méthode HACCP

L'analyse des dangers : biologiques, chimiques, physiques, allergènes

L'analyse des dangers consiste à identifier, pour chaque étape du diagramme, les dangers biologiques, chimiques, physiques et allergènes, à estimer leur probabilité et leur gravité, puis à définir la mesure qui les maîtrise. C'est le principe 1 de la méthode HACCP.

Vérifié le 6 octobre 2026 au regard de : Communication de la Commission 2022/C 355/01 du 16 septembre 2022, annexe II, points 3.2, 5.1 à 5.3, et appendice 2

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Publié le 6 juillet 2026 · Mis à jour le 6 octobre 2026 · 8 min de lecture · Par Équipe pédagogique Hygiène 14

Inspecteur présentant sa carte professionnelle à une cuisinière au début d'un contrôle sanitaire

Les quatre familles, avec des exemples de cuisine

Le froid ne suffit pas toujours. D'après l'Anses, Listeria monocytogenes se multiplie entre - 2 °C et 45 °C : une chambre froide la ralentit sans l'arrêter. D'où le poids du nettoyage des surfaces qui touchent les produits prêts à consommer.

FamilleExemples réelsMesure de maîtrise type
BiologiqueSalmonelles sur volaille, Listeria sur produits prêts à consommer, staphylocoques par les mainsCuisson, froid (+ 4 °C au plus pour la volaille, + 2 °C pour la viande hachée), hygiène des mains, séparation
ChimiqueRésidu de produit de nettoyage, huile de friture dégradée, migration d'un contenant inadaptéRinçage, suivi des huiles, matériaux aptes au contact
PhysiqueÉclat de verre, agrafe de cageot, fragment d'os, bijouInterdiction du verre en zone de production, contrôle à réception, règle sur les bijoux
AllergèneTrace d'arachide dans une sauce, gluten par une planche communeSéquencement, ustensiles dédiés, fiches techniques

Référence : Arrêté du 21 décembre 2009, annexe I ; Anses, fiche Listeria monocytogenes ; règlement (UE) n° 1169/2011, annexe II.

Faut-il une grille de cotation compliquée ?

Non. La Commission européenne propose un exemple simple : 4 niveaux de probabilité, 4 niveaux de gravité, et un niveau de risque qui va de 1 à 7. La grille tient dans un petit tableau et suffit à un restaurant.

Pour la gravité, ses exemples parlent d'eux-mêmes. Campylobacter et Bacillus cereus sont classés en gravité élevée. Salmonella et Listeria monocytogenes sont en gravité très élevée, parce qu'ils peuvent tuer.

La règle de lecture reste la même : un danger très grave se traite même si sa probabilité est faible. C'est le cas des allergènes, dont la conséquence individuelle peut être vitale.

Niveau de risqueDécision proposée par la Commission
1 et 2Bonnes pratiques d'hygiène courantes, pas d'action spécifique
3 et 4Vérifier si les bonnes pratiques suffisent ; sinon, mesure ciblée (PRPo)
5, 6 et 7Étudier la mise en place d'un point critique (CCP)

Référence : Communication de la Commission 2022/C 355/01, appendice 2.

La méthode des cinq M, pour ne rien oublier

Passer chaque étape du diagramme au filtre des cinq M évite l'analyse qui ne parle que de température et oublie la contamination croisée, la plus fréquente en petite cuisine.

  • Matière : la denrée elle-même, son origine, son état à réception
  • Matériel : équipements, ustensiles, contenants, leur état
  • Milieu : locaux, températures ambiantes, flux, nuisibles
  • Main-d'œuvre : hygiène, tenue, santé, formation
  • Méthode : recette, temps, températures, séquencement

Pourquoi traiter l'allergène comme une famille à part ?

Parce que sa maîtrise repose autant sur l'information que sur l'hygiène. Officiellement, l'allergène est un danger chimique. La Commission européenne admet qu'on le traite comme une quatrième famille, ce qui simplifie la feuille d'analyse.

Le règlement lui-même s'est durci. Depuis le règlement (UE) 2021/382, l'annexe II du règlement 852/2004 l'écrit noir sur blanc : un matériel qui a servi pour l'un des allergènes de la liste ne sert pour un autre produit qu'après nettoyage et contrôle de l'absence de débris visibles.

Concrètement, il impose deux choses : une fiche technique par recette, à jour, et une règle de séquencement en cuisine pour éviter les contacts non prévus.

Référence : Règlement (CE) n° 852/2004, annexe II, chapitre IX, point 9 ; règlement (UE) n° 1169/2011, annexe II ; communication 2022/C 355/01, annexe II, point 5.1.

Questions fréquentes sur ce sujet

Faut-il analyser chaque recette ?
Non, chaque famille de plats suffit. La Commission européenne admet de regrouper les produits fabriqués de la même manière et les dangers maîtrisés de façon analogue. Une analyse par recette devient ingérable et n'apporte rien tant que le procédé est identique.
Peut-on reprendre l'analyse d'un guide de bonnes pratiques ?
Oui comme point de départ, à condition de la confronter à vos plats, vos locaux et vos flux, puis de la modifier là où votre réalité diffère.
Combien de temps prend une analyse des dangers ?
Une journée pour un restaurant à carte courte, une fois les diagrammes établis. La révision annuelle prend ensuite quelques heures.
L'analyse doit-elle être signée ?
Elle doit être datée et attribuable. Une signature et une date suffisent à montrer qu'elle a été faite par quelqu'un, à un moment donné.

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