Chaîne du froid

Rupture de la chaîne du froid : décider quoi garder

Aucun barème réglementaire ne dit ce qu'il faut jeter. La décision se prend produit par produit, selon trois critères : la nature de la denrée, la température réellement atteinte et la durée de l'écart. Elle doit être écrite, motivée et signée.

Vérifié le 6 octobre 2026 au regard de : Règlement (CE) n° 178/2002, articles 14 et 19

Formation hygiène alimentaire à Paris : les 14 heures obligatoires, dont 10 heures en ligne et 4 heures en salle, 349 € net de taxe.

Publié le 4 juin 2026 · Mis à jour le 6 octobre 2026 · 7 min de lecture · Par Équipe pédagogique Hygiène 14

Contrôle de la température d'une chambre froide garnie de barquettes filmées

Sur quels critères garder ou jeter ?

Sur trois critères mesurés : la nature de la denrée, la température atteinte et la durée de l'écart. L'écart se calcule par rapport au seuil de l'annexe I de l'arrêté du 21 décembre 2009, différent d'une famille à l'autre : + 2 °C pour un steak haché, + 3 °C pour une préparation élaborée à l'avance, + 4 °C pour une volaille.

Le pire cas est celui de la durée inconnue, typique d'une panne survenue pendant une fermeture. En l'absence d'historique, aucune reconstitution rassurante n'est défendable.

CritèreQuestion à se poserEffet sur la décision
Nature du produitEst-il prêt à consommer, ou sera-t-il cuit à cœur ?Un produit prêt à consommer se traite plus sévèrement
Température atteinteQuelle valeur maximale, mesurée et non estimée ?Plus l'écart au seuil de la famille est grand, plus la décision est sévère
DuréeCombien de temps au-dessus du seuil, avec quelle certitude ?Une durée inconnue impose la solution prudente

Référence : Arrêté du 21 décembre 2009, annexe I.

Grille de décision usuelle

Le principe est européen : la chaîne du froid ne doit pas être interrompue. Le règlement (CE) n° 852/2004 admet seulement de courtes sorties, à des fins pratiques de manutention, pendant l'élaboration, le transport, l'entreposage, l'exposition ou le service, à condition qu'elles ne créent pas de risque pour la santé. Tout le reste est un écart à décider et à tracer.

Cette grille est une aide de décision, pas une norme. Elle s'inscrit dans votre plan de maîtrise sanitaire, avec le nom de la personne habilitée à trancher.

SituationDécision courante
Produits prêts à consommer, écart supérieur à quelques heuresÉcarter
Viandes et poissons crus destinés à une cuisson à cœur, écart bref et modéréUtilisation immédiate possible, avec traçabilité
Produits surgelés partiellement décongelésNe jamais recongeler, cuire immédiatement ou écarter
Produits stables, conserves, produits secsAucun impact
Durée d'écart inconnueÉcarter

Référence : Règlement (CE) n° 852/2004, annexe II, chapitre IX, point 5 ; article 14 du règlement (CE) n° 178/2002 ; arrêté du 21 décembre 2009, annexe VI, point 3 ; décret n° 64-949 du 9 septembre 1964, article 6.

Ce qui doit être écrit

Cette fiche est ce qui distingue une gestion maîtrisée d'un incident subi. Elle est aussi la meilleure pièce à produire si le sujet revient plus tard.

  • Heure de constat, valeur mesurée, enceinte concernée
  • Liste des produits présents, avec les quantités
  • Décision produit par produit, et son motif
  • Destination des produits écartés, et la façon dont ils ont été rendus impropres
  • Cause identifiée et action engagée sur l'équipement
  • Signature du responsable

Que ne faut-il jamais faire ?

  • Recongeler un produit décongelé
  • Cuire un produit prêt à consommer pour sauver le stock
  • Reconditionner et réétiqueter avec une nouvelle date
  • Décider sans mesurer, à l'odeur ou à l'aspect
  • Jeter sans trace, ce qui prive de toute preuve de la décision

Questions fréquentes sur ce sujet

Existe-t-il une durée réglementaire de tolérance ?
Non. Les textes admettent de courtes sorties du froid pour la manutention ou le service, et, pour les surgelés, de brèves remontées de 3 °C au plus pendant le transport et en meuble de vente. Aucun ne chiffre la durée d'un écart en cuisine : la décision revient à l'exploitant, qui la motive.
Peut-on cuire un produit qui a subi un écart ?
Pour un produit cru destiné à une cuisson à cœur, un écart bref et modéré peut être géré par une utilisation immédiate. La cuisson ne détruit pas les toxines déjà formées, ce qui limite fortement cette voie.
Faut-il prévenir l'administration ?
Seulement si des denrées potentiellement dangereuses ont été servies. Dans ce cas, l'article 19 du règlement 178/2002 impose le retrait et l'information de l'autorité.
L'assurance couvre-t-elle la perte de marchandise ?
Cela dépend du contrat et de la cause. Dans tous les cas, la fiche de non-conformité, les photos et le relevé sont les pièces qui permettent d'ouvrir un dossier.

Commencez aujourd’hui, venez en salle quand cela vous arrange.

10 h en ligne dès le paiement, puis 4 h en salle à Paris, au créneau de votre choix. 349 €, exonérés de TVA.