Chaîne du froidPublié le 10 juillet 2026 · Mis à jour le 28 juillet 2026 ·12 min de lecturePar Équipe pédagogique Hygiène14

Le guide des températures en restauration

L'arrêté du 21 décembre 2009 fixe les seuils : + 3 °C pour les préparations élaborées à l'avance, + 4 °C pour les denrées très périssables, - 18 °C pour les surgelés et + 63 °C minimum au chaud.

Vérifié le 28 juillet 2026 au regard de : Arrêté du 21 décembre 2009, annexe I

Illustration : chaîne du froid

Le tableau des seuils opposables

Ces valeurs sont celles qu'un inspecteur mesure, sonde en main, sans discussion possible. Elles s'appliquent au produit, pas à l'air de l'enceinte : une chambre froide affichant + 2 °C avec un produit à + 8 °C est en défaut.

SituationTempératureBase
Préparations culinaires élaborées à l'avance+ 3 °C au maximumArrêté du 21 décembre 2009
Denrées très périssables en froid positif+ 4 °C au maximumArrêté du 21 décembre 2009
Viandes hachées et préparations de viande+ 2 °C au maximumRèglement (CE) n° 853/2004
Produits congelés- 12 °C au maximumArrêté du 21 décembre 2009
Produits surgelés et crèmes glacées- 18 °C au maximumArrêté du 21 décembre 2009
Maintien au chaud avant service+ 63 °C au minimumArrêté du 21 décembre 2009
Refroidissement rapide+ 63 °C à + 10 °C en moins de 2 heuresArrêté du 21 décembre 2009

Référence : Arrêté du 21 décembre 2009, annexe I ; règlement (CE) n° 853/2004.

La règle qui prime sur toutes les autres

Quand l'étiquette du fabricant indique une température de conservation plus stricte que le seuil réglementaire, c'est l'étiquette qui s'applique. Un produit portant la mention à conserver à + 2 °C ne peut pas être stocké à + 4 °C au motif que le texte le permettrait.

L'inverse n'est pas vrai : une mention plus permissive que le seuil réglementaire ne dispense pas du seuil.

Relever, enregistrer, prouver

Aucun texte n'impose une fréquence chiffrée de relevé. L'obligation est de maîtriser, et la preuve de la maîtrise est l'enregistrement. La pratique admise, et attendue en contrôle, est de deux relevés par jour et par enceinte, matin et soir.

Un relevé utile porte quatre informations : la date, l'heure, la valeur, et le nom de la personne. Une fiche sans nom ne prouve rien, et une fiche entièrement remplie de la même encre le même jour se remarque immédiatement.

  • Deux relevés par jour et par enceinte froide, matin et soir
  • Un relevé du maintien au chaud en début de service
  • Un contrôle à réception pour chaque livraison de produits réfrigérés ou congelés
  • L'action corrective notée à côté de chaque écart constaté
  • Un étalonnage périodique des sondes, avec sa preuve

Le refroidissement, l'étape la plus mal maîtrisée

La zone comprise entre + 10 °C et + 63 °C est celle où les micro-organismes se multiplient le plus vite. La règle de deux heures existe pour la traverser rapidement, et elle suppose un équipement : une casserole posée sur un plan de travail ne descend pas de + 63 °C à + 10 °C en deux heures.

Trois façons d'y parvenir sans cellule de refroidissement : diviser en portions de faible épaisseur, utiliser un bain d'eau glacée avec agitation, et refroidir dans des bacs métalliques plutôt que plastiques. Ces méthodes doivent figurer dans le PMS pour être opposables.

Une fois refroidie, la préparation se conserve à + 3 °C et porte une étiquette : nature du produit, date de fabrication, durée de vie fixée.

Référence : Arrêté du 21 décembre 2009, annexe I.

Rupture de la chaîne du froid : décider quoi garder

La décision se prend sur trois éléments, jamais sur l'aspect du produit : la température atteinte, la durée de l'écart, et la nature de la denrée. Un produit cru destiné à une cuisson complète ne se traite pas comme une préparation prête à consommer.

En l'absence de donnée fiable sur la durée, la denrée périssable est écartée. Le coût d'un stock jeté est sans commune mesure avec celui d'une toxi-infection.

Situation constatéeDécision usuelle
Écart bref, produit encore sous + 8 °C, denrée à cuireUtiliser rapidement après cuisson complète, tracer la décision
Durée inconnue, produit prêt à consommerÉcarter et détruire, enregistrer la non-conformité
Surgelé partiellement décongeléNe jamais recongeler, cuire immédiatement ou détruire
Panne prolongée de chambre froideÉvaluer denrée par denrée, écarter le périssable, appeler le frigoriste

Cuisson et service

Aucune valeur universelle de cuisson n'est fixée par la réglementation française pour tous les produits : c'est l'exploitant qui fixe ses limites critiques dans son plan HACCP, et qui doit pouvoir les justifier. Les valeurs suivantes sont celles retenues par la profession et acceptées en contrôle lorsqu'elles sont respectées et enregistrées.

ProduitTempérature à cœur usuelle
Viande hachée, préparations de viande hachée70 °C
Volaille entière ou en morceaux74 °C
Poisson63 °C
Œuf cuit destiné à une préparation froideCuisson complète du blanc et du jaune

Le matériel de mesure

Une sonde à pénétration est indispensable, et une seule ne suffit pas : il en faut une pour le cru et une pour le prêt à consommer, ou une procédure de désinfection entre deux mesures écrite dans le PMS.

L'étalonnage se fait simplement, avec un mélange d'eau et de glace fondante qui doit afficher 0 °C, plus ou moins un degré. L'opération se note dans le registre : c'est une preuve de vérification au sens du sixième principe HACCP.

Les enregistreurs connectés apportent un historique continu et une alerte en cas de dérive nocturne. Ils ne dispensent pas du relevé humain à l'ouverture, parce qu'un capteur en panne ne se signale pas de lui-même.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur ce sujet

Quelle est la température maximale d'un réfrigérateur en restaurant ?

+ 4 °C pour les denrées très périssables, et + 3 °C pour les préparations culinaires élaborées à l'avance, selon l'arrêté du 21 décembre 2009. Si l'étiquette du fabricant impose une valeur plus basse, c'est elle qui s'applique.

Peut-on recongeler un produit décongelé ?

Non. La recongélation d'un produit décongelé est interdite en restauration. Le produit doit être cuisiné immédiatement ou écarté, et la décision doit être tracée.

Combien de temps peut-on maintenir un plat au chaud ?

Le maintien doit se faire à + 63 °C au minimum. La durée n'est pas fixée par le texte, mais elle doit rester compatible avec la qualité sanitaire du plat et être définie dans votre plan de maîtrise sanitaire.

Faut-il un thermomètre par chambre froide ?

Chaque enceinte doit disposer d'un dispositif de mesure lisible. À cela s'ajoute une sonde à pénétration pour mesurer la température à cœur des produits, seule mesure opposable pour une denrée.

Que faire si la chambre froide tombe en panne la nuit ?

Relever la température à l'ouverture, estimer la durée de la panne, écarter les denrées périssables prêtes à consommer, tracer les décisions produit par produit, faire intervenir le frigoriste et conserver le rapport d'intervention.

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