Fixer des limites critiques défendables
Une limite critique sépare l'acceptable de l'inacceptable à un point critique. Elle se mesure ou s'observe avec le matériel présent, et se justifie par un texte, un guide de bonnes pratiques validé ou une validation propre à l'établissement.
Vérifié le 6 octobre 2026 au regard de : Arrêté du 21 décembre 2009, article 3, annexe I et annexe IV (version en vigueur au 6 octobre 2026)
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Publié le 24 mars 2026 · Mis à jour le 6 octobre 2026 · 7 min de lecture · Par Équipe pédagogique Hygiène 14

Quelles limites sont fixées par un texte ?
En cuisine, surtout des températures de conservation, écrites à l'annexe I de l'arrêté du 21 décembre 2009. Le refroidissement est un cas à part : son couple temps et température vient de l'annexe IV du même arrêté, à utiliser comme repère.
| Point critique | Limite | Source |
|---|---|---|
| Maintien au chaud | + 63 °C au minimum | Arrêté du 21 décembre 2009, annexe I |
| Préparations élaborées à l'avance | + 3 °C au maximum | Arrêté du 21 décembre 2009, annexe I |
| Viandes hachées réfrigérées | + 2 °C au maximum | Arrêté du 21 décembre 2009, annexe I |
| Viandes hachées et produits de la pêche congelés | - 18 °C au maximum | Arrêté du 21 décembre 2009, annexe I |
| Refroidissement rapide | De + 63 °C à + 10 °C en moins de 2 heures | Repère de l'annexe IV du même arrêté |
Référence : Arrêté du 21 décembre 2009, annexes I et IV.
Peut-on s'écarter des valeurs de l'arrêté ?
Pas de sa propre initiative. L'article 3 de l'arrêté admet une autre température de conservation dans deux cas seulement : un guide de bonnes pratiques d'hygiène validé pour le secteur, ou une analyse des dangers validée et argumentée.
Sans ce dossier, une limite inscrite à + 4 °C là où l'annexe I fixe + 3 °C place l'établissement en non-conformité par sa propre documentation. Les valeurs ne s'arrondissent pas à la main.
Pour le refroidissement, le règlement (CE) n° 852/2004 demande de réfrigérer dès que possible après la cuisson, sans chiffre. L'annexe IV admet elle aussi un refroidissement plus lent si une analyse des dangers validée prouve qu'il reste sûr.
Référence : Arrêté du 21 décembre 2009, article 3 et annexe IV, point 1 ; règlement (CE) n° 852/2004, annexe II, chapitre IX, point 6.
Les limites qu'il faut justifier soi-même
Toutes les limites ne figurent pas dans un texte. La température à cœur d'une cuisson, la durée de vie d'une préparation, la fréquence de changement d'un bain de friture relèvent souvent d'un guide de bonnes pratiques ou d'une décision de l'établissement.
La Commission européenne liste les sources admises : l'expérience, les documents internationaux, les guides de bonnes pratiques, les publications scientifiques, la législation et les avis de l'EFSA. Quand la valeur ne vient ni d'un texte ni d'un guide, l'équipe doit vérifier elle-même qu'elle maîtrise le danger.
- Écrire la valeur, l'unité et le point de mesure exact
- Indiquer la source de la valeur, en une ligne
- Conserver la preuve de validation si la valeur est interne
- Réviser la limite si le procédé ou le produit change
Ce qui rend une limite inutilisable
La limite trop stricte est un piège courant. Elle rassure sur le papier et produit un enregistrement systématiquement en écart, ce qui se retourne contre l'établissement en contrôle.
À l'inverse, une limite n'est pas toujours un chiffre. Le considérant 15 du règlement 852/2004 l'admet, et la Commission cite la cuisson complète vérifiée à l'œil sur une coupe à cœur. Ce critère doit alors être décrit avec précision.
- Une formule vague, ni mesurable ni observable : cuisson suffisante, produit bien froid
- Une valeur non mesurable avec le matériel du restaurant
- Une limite plus stricte que nécessaire, jamais tenue en service, donc jamais enregistrée
- Une limite unique pour des produits aux exigences différentes
- Une valeur recopiée d'un modèle sans lien avec vos plats
Faut-il un seuil d'alerte en plus de la limite ?
C'est utile, et la Commission européenne le prévoit : elle parle de niveaux cibles plus stricts, fixés pour ne pas atteindre la limite critique malgré les variations du service.
Exemple : limite à + 3 °C pour une préparation élaborée à l'avance, alerte à + 2 °C sur l'enceinte, ce qui laisse le temps d'agir avant que le produit ne soit en cause. Les deux valeurs doivent apparaître clairement, sans confusion sur laquelle est opposable.
Référence : Communication de la Commission 2022/C 355/01, annexe II, point 7.