Nettoyage

Choisir ses produits : les normes à exiger sur l'étiquette

Un désinfectant utilisé en cuisine doit être prévu pour les surfaces qui touchent les denrées, indiquer sa dilution, son temps de contact et s'il faut rincer, et appuyer son efficacité sur une norme européenne citée.

Vérifié le 6 octobre 2026 au regard de : Règlement (CE) n° 852/2004, annexe II, chapitre I, point 10, et chapitre IX, point 8

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Publié le 4 février 2026 · Mis à jour le 6 octobre 2026 · 6 min de lecture · Par Équipe pédagogique Hygiène 14

Dosage d'un produit désinfectant devant le plan de nettoyage affiché au mur de la cuisine

Les mentions à chercher sur l'étiquette

Une revendication d'efficacité sans norme citée ni condition d'emploi ne vaut rien. Elle est fréquente sur les produits vendus en grande distribution.

Un texte encadre la composition de ces produits : pour nettoyer ce qui touche les aliments, l'arrêté du 8 septembre 1999 n'admet que des constituants inscrits en annexe. Il distingue aussi le produit qui exige un rinçage à l'eau potable de celui que son fabricant déclare utilisable sans rinçage. La Commission européenne demande en plus une fiche technique dans votre langue : principe actif, concentration, temps de contact, besoin d'eau potable.

MentionCe qu'elle garantit
Activité bactéricide, avec la norme correspondanteEfficacité mesurée sur des bactéries de référence
Activité fongicide ou levuricideEfficacité sur levures et moisissures
Activité virucide, si nécessaireEfficacité sur virus de référence
Dilution d'emploi et temps de contactConditions dans lesquelles l'efficacité est validée
Usage sur surfaces en contact avec les denréesProduit conçu pour ce contact, à base de constituants autorisés
À rincer, ou utilisable sans rinçageCe qu'il faut faire après application

Référence : Arrêté du 8 septembre 1999, article 1 et annexe ; communication de la Commission 2022/C 355/01, annexe I, point 3.2.

Combien de produits faut-il dans une cuisine ?

Quatre suffisent dans la plupart des cuisines : un détergent dégraissant pour les surfaces, un désinfectant apte au contact alimentaire, un dégraissant fort pour la hotte et les fours, et un produit sol.

Multiplier les références produit deux effets négatifs : des dilutions oubliées et des mélanges dangereux. Un produit de plus, c'est une ligne de plus dans le plan de nettoyage et une erreur possible de plus.

  • Détergent dégraissant pour surfaces et matériel
  • Désinfectant apte au contact alimentaire
  • Dégraissant fort pour hotte, filtres et fours
  • Détergent sol adapté au revêtement
  • Le cas échéant, un produit détartrant pour la machine à laver et les bouilloires

Ce qu'il ne faut jamais faire

Le transvasement dans une bouteille de boisson est la faute la plus grave de cette liste. L'annexe II du règlement 852/2004 l'interdit en creux : les substances dangereuses doivent être étiquetées et rangées dans des conteneurs sûrs et séparés, et les produits de nettoyage ne sont pas entreposés là où l'on manipule les aliments.

Le mélange est l'autre piège. Javel et détartrant versés dans le même seau, ou Javel diluée dans de l'eau bouillante : selon l'Anses, dans les deux cas il se dégage du chlore sous forme de gaz, toxique.

  • Mélanger deux produits, en particulier un chloré et un acide
  • Transvaser un produit dans une bouteille alimentaire
  • Retirer l'étiquette d'origine d'un contenant
  • Utiliser un produit domestique sur une surface en contact avec les denrées
  • Stocker les produits d'entretien au-dessus ou à côté des denrées

Référence : Règlement (CE) n° 852/2004, annexe II, chapitre I, point 10, et chapitre IX, point 8 ; Anses, fiche Hygiène domestique.

Traduire le choix dans le plan de nettoyage

Chaque produit retenu apparaît dans le plan avec quatre informations : où il s'utilise, à quelle dilution, pendant combien de temps, et si un rinçage est nécessaire.

Pendant le service, seuls les produits prévus pour les surfaces au contact des aliments restent à portée de main. La Commission européenne réserve les autres aux périodes sans production.

La fiche de données de sécurité correspondante est conservée et accessible. C'est une obligation distincte, liée à la sécurité des personnes.

Référence : Communication de la Commission 2022/C 355/01, annexe I, point 3.6 ; article 31 du règlement (CE) n° 1907/2006.

Questions fréquentes sur ce sujet

Un produit du commerce peut-il convenir ?
Seulement s'il porte les mentions d'efficacité et d'aptitude au contact alimentaire nécessaires. La plupart des produits domestiques ne les portent pas.
Faut-il un produit virucide en restauration ?
Ce n'est pas systématique. Il se justifie surtout après un cas de gastro-entérite dans l'équipe. Selon l'Anses, une personne infectée par un norovirus peut en excréter jusqu'à 3 semaines après ses symptômes, et le froid n'a aucun effet sur ce virus. La décision s'écrit dans le plan.
L'eau de Javel est-elle interdite ?
Non, mais son emploi doit respecter une dilution précise, un temps de contact et un rinçage. L'Anses rappelle que le berlingot concentré se dilue dans les 3 mois qui suivent sa fabrication, et qu'une solution diluée se garde au frais, à l'abri de la lumière, et s'utilise dans les 6 mois.
Faut-il changer de désinfectant régulièrement ?
En restauration, cette rotation n'est pas une exigence. Elle relève de pratiques industrielles particulières et complique inutilement le plan.

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