Nettoyage

Le plan de nettoyage et de désinfection, méthode complète

Un plan de nettoyage conforme indique, pour chaque surface et chaque équipement, le produit, sa dilution, son temps de contact, la fréquence, la méthode et le responsable. Il traduit les exigences de l'annexe II du règlement (CE) n° 852/2004 et se prouve par ses enregistrements.

Vérifié le 6 octobre 2026 au regard de : Règlement (CE) n° 852/2004, annexe II, chapitres I, II, V et IX

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Publié le 2 mars 2026 · Mis à jour le 6 octobre 2026 · 11 min de lecture · Par Équipe pédagogique Hygiène 14

Dosage d'un produit désinfectant devant le plan de nettoyage affiché au mur de la cuisine

Nettoyer et désinfecter, est-ce la même chose ?

Non. Le nettoyage retire les salissures visibles et la matière organique. La désinfection réduit les micro-organismes. La seconde ne fonctionne pas sans la première : un désinfectant appliqué sur une surface grasse est neutralisé avant d'agir.

La Commission européenne décrit les étapes types dans cet ordre : retirer les salissures visibles, nettoyer, rincer, désinfecter, rincer de nouveau. Elle ajoute de commencer par les zones à haut risque et de finir par les zones à faible risque.

Certains produits combinent les deux fonctions. Ils font gagner du temps sur les surfaces peu souillées et perdent en efficacité sur les zones grasses, où le protocole en deux temps reste supérieur.

Référence : Communication de la Commission 2022/C 355/01, annexe I, point 3.2.

La méthode TACT, le cadre de toute procédure

Quatre facteurs déterminent l'efficacité d'un nettoyage, et diminuer l'un impose d'augmenter un autre. C'est le seul raisonnement à retenir pour rédiger une procédure.

FacteurCe qu'il recouvreErreur courante
TempératureEau chaude, adaptée au produit : l'Anses rappelle que la chaleur détruit la plupart des micro-organismes au-delà de + 60 °CEau trop chaude qui fixe les protéines, ou eau de Javel chauffée
Action mécaniqueBrossage, frottement, pressionPulvériser sans frotter
ChimieProduit et concentrationDoser à l'œil, surdoser en croyant mieux faire
TempsDurée de contact du produitRincer avant la fin du temps de contact

Référence : Anses, fiche Hygiène domestique, juin 2013.

Choisir ses produits, et savoir ce que l'étiquette prouve

Sur une surface qui touche les aliments, n'utilisez pendant la production qu'un produit prévu pour ce contact : la Commission européenne le recommande, et l'arrêté du 8 septembre 1999 fixe la liste des constituants autorisés dans ces produits. Choisissez un désinfectant dont l'étiquette ou la fiche technique cite les normes d'efficacité, jamais l'argumentaire commercial seul.

Le même arrêté distingue deux familles. Les produits à rincer à l'eau potable après usage, et ceux présentés comme pouvant ne pas être rincés. Sans cette seconde mention sur l'emballage, on rince : ne pas le faire crée un danger chimique.

Norme citéeCe qu'elle atteste
EN 1276Activité bactéricide, essai en suspension, en conditions de propreté et de saleté
EN 13697Activité bactéricide, fongicide ou levuricide sur surfaces non poreuses, domaine agroalimentaire
EN 1650Activité fongicide ou levuricide, essai en suspension
EN 14476Activité virucide, essai établi pour le domaine médical, souvent cité par les fabricants

Référence : Arrêté du 8 septembre 1999, article 1 et annexe, sections I a et I b ; communication de la Commission 2022/C 355/01, annexe I, point 3.6.

Le tableau du plan de nettoyage, colonne par colonne

Le plan se présente sous forme de tableau, une ligne par surface ou équipement. Sept colonnes suffisent, et aucune ne peut être omise sans que le plan devienne inapplicable par un nouvel arrivant.

  • Quoi : la surface ou l'équipement, nommé précisément
  • Quand : la fréquence, en heures, jours ou après chaque usage
  • Avec quoi : le produit, désigné par son nom commercial exact
  • À quelle concentration : la dilution, en pourcentage ou en millilitres par litre
  • Combien de temps : le temps de contact, en minutes
  • Comment : la méthode, du démontage au rinçage
  • Par qui : le poste responsable, pas un prénom qui changera

Les fréquences attendues en contrôle

Hors hotte, ces fréquences sont des usages de métier, pas des chiffres réglementaires. Le règlement 852/2004 demande un nettoyage à une fréquence suffisante pour éviter tout risque de contamination. Les chambres froides méritent leur ligne : selon l'Anses, Listeria monocytogenes se multiplie dès - 2 °C, le froid ne la nettoie donc pas.

Zone ou équipementFréquence usuelle
Plans de travail et planchesAprès chaque production, et en fin de service
Matériel de découpe, trancheur, robotAprès chaque usage, démontage compris
Sols de cuisineQuotidienne, en fin de service
Siphons et caniveauxHebdomadaire au minimum
Chambres froides, intérieurHebdomadaire, plus dès qu'une souillure apparaît
Hotte, filtresFiltres nettoyés ou remplacés au minimum une fois par semaine, ramonage des conduits d'évacuation au moins une fois par an (article GC 21, établissements recevant du public)
Poubelles et local à déchetsQuotidienne
Murs, plafonds, éclairagesPériodique, planifiée et enregistrée

Référence : Règlement (CE) n° 852/2004, annexe II, chapitres I, II et V ; arrêté du 25 juin 1980, article GC 21 ; Anses, fiche Listeria monocytogenes.

Les fiches de données de sécurité

Chaque produit classé dangereux est livré avec sa fiche de données de sécurité, au titre de l'article 31 du règlement REACH. Le fournisseur la remet gratuitement, au plus tard à la première livraison, et envoie toute version révisée aux clients livrés au cours des 12 mois précédents.

L'employeur, lui, veille à ce que les salariés y aient accès (code du travail, article R. 4412-38). Elle sert d'abord à votre équipe : équipements de protection, incompatibilités, conduite à tenir en cas de projection.

Une incompatibilité mérite une affiche dans le local d'entretien. L'Anses rappelle que l'eau de Javel ne doit jamais être mélangée à un acide, un détartrant par exemple, ni chauffée : les deux dégagent du chlore gazeux toxique.

Référence : Article 31 du règlement (CE) n° 1907/2006 ; article R. 4412-38 du code du travail ; Anses, fiche Hygiène domestique.

Comment prouver que le nettoyage fonctionne ?

Par des contrôles visuels et, de temps en temps, par des prélèvements analysés : c'est ce que recommande la Commission européenne pour la désinfection. Un plan sans preuve reste une intention. Plusieurs niveaux de preuve existent, du plus simple au plus probant, et le premier suffit dans la plupart des établissements.

  • La fiche d'enregistrement signée, remplie au moment de l'opération
  • Le contrôle visuel et tactile après nettoyage, tracé lors de l'auto-inspection
  • Le prélèvement de surface, lingette ou boîte contact, envoyé en laboratoire
  • L'ATP-métrie, mesure instantanée de la matière organique résiduelle, utile pour former l'équipe

Les points aveugles que les contrôleurs regardent en premier

  • Le dessous et l'arrière des équipements sur roulettes
  • Les joints de portes de chambre froide
  • Les siphons et les grilles d'évacuation
  • L'intérieur du lave-vaisselle et ses bras de lavage
  • Le dessus des placards et des hottes
  • Les poignées, interrupteurs et robinets
  • Les chiffons et éponges, réservoirs de contamination quand ils traînent

Questions fréquentes sur ce sujet

Le plan de nettoyage est-il obligatoire ?
Le nettoyage l'est, par l'annexe II du règlement (CE) n° 852/2004. Le document, le règlement ne l'exige pas en toutes lettres. La Commission européenne note qu'il est difficile de prouver ses bonnes pratiques sans écrit, et qu'une très petite entreprise peut s'en passer si chacun sait expliquer ce qu'il fait. En pratique, un plan d'une page reste la preuve la plus simple.
Faut-il rincer après désinfection ?
Oui, à l'eau potable, sauf si le fabricant indique expressément que le produit s'utilise sans rinçage sur surface en contact avec les denrées. Cette mention doit figurer sur l'emballage.
Peut-on utiliser des produits ménagers du commerce ?
Seulement s'ils sont prévus pour les surfaces en contact avec les aliments et documentés. Pour un produit vendu au grand public, la fiche de données de sécurité n'est pas toujours jointe, mais un professionnel peut la demander au fournisseur (REACH, article 31). En pratique, les gammes professionnelles apportent les preuves de normes que les produits grand public ne fournissent pas.
À quelle fréquence dégraisser la hotte ?
Dans un établissement recevant du public, l'article GC 21 du règlement de sécurité impose, pour les installations de cuisson qu'il vise, de nettoyer ou remplacer les filtres au minimum une fois par semaine, de ramoner les conduits d'évacuation au moins une fois par an, et de nettoyer le circuit d'extraction chaque fois que nécessaire. Les dates se notent dans le livret d'entretien.
Faut-il faire des analyses de surface ?
Aucun texte ne les impose en restauration commerciale. Elles constituent un moyen de vérification utile, à programmer périodiquement, et elles renforcent le dossier quand un contrôle discute l'efficacité du plan.

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