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Ouvrir un établissement alimentaire : la check-list sanitaire des trois mois qui précèdent

Aucune autorisation sanitaire n'est nécessaire pour ouvrir : la déclaration prévue par l'article 6 du règlement (CE) n° 852/2004 suffit, sauf agrément. Ce qui demande du temps est ailleurs : le calendrier des sessions de formation, l'instruction d'un éventuel agrément, l'écriture du plan de maîtrise sanitaire et la mise en conformité du local. Trois mois est le délai raisonnable pour traiter ces quatre chantiers.

Formation hygiène alimentaire à Paris : les 14 heures obligatoires, dont 10 heures en ligne et 4 heures en salle, 349 € net de taxe.

  • Distinguer ce qui se déclare de ce qui s'autorise, pour ne pas attendre une réponse qui ne viendra jamais ni ouvrir sans un titre nécessaire.
  • Placer au bon moment les trois démarches qui ont un délai incompressible : formation, agrément, conformité du local.
  • Arriver au premier service avec un plan de maîtrise sanitaire écrit pour ces locaux là, et déjà rempli sur quelques jours.

Ce qui se déclare et ce qui s'autorise : la confusion à lever d'abord

Il n'existe pas d'autorisation sanitaire d'ouvrir un restaurant. L'article 6 du règlement (CE) n° 852/2004 impose à tout exploitant du secteur alimentaire de notifier à l'autorité compétente chacun des établissements dont il a la charge, en vue de son enregistrement. Cette déclaration s'effectue avant le début d'activité, elle est gratuite, et elle n'appelle pas de réponse valant permission. Attendre un feu vert qui n'existe pas retarde une ouverture pour rien.

L'agrément sanitaire, lui, est bien une autorisation. Il est imposé par l'article 4 du règlement (CE) n° 853/2004 aux établissements manipulant des produits d'origine animale qui ne relèvent pas de la seule remise directe, et sa procédure est encadrée par l'arrêté du 8 juin 2006. Il s'obtient avant l'activité concernée, après instruction d'un dossier. C'est la seule démarche sanitaire de ce type dans un projet de restauration, et elle ne concerne qu'une minorité de projets.

Trois autres démarches, souvent confondues avec celles ci, relèvent d'autres administrations et d'autres logiques : l'autorisation de travaux et le passage en commission de sécurité pour un établissement recevant du public, le permis d'exploitation et la déclaration en mairie pour la vente de boissons alcoolisées, et l'immatriculation de l'entreprise. Elles ont leurs propres délais, et elles tombent souvent la même semaine que les démarches sanitaires, ce qui rend le calendrier plus tendu qu'il n'y paraît.

DémarcheNatureQuand
Déclaration de l'établissementDéclaration, sans réponse à attendreAvant le début d'activité
Agrément sanitaireAutorisation, avec instructionPlusieurs mois avant, si l'activité le requiert
Formation de quatorze heuresObligation des établissements immatriculés en 56.10, sans démarche administrativeSatisfaite dès le premier jour d'activité
Plan de maîtrise sanitaireDocument interne, jamais visé par l'administrationÉcrit et applicable avant le premier service
Déclaration en mairie pour l'alcoolDéclaration préalableAu moins quinze jours avant l'ouverture

Là où l'erreur coûte cher

Personne ne vous rappellera aucune de ces échéances. Aucune administration ne relance un projet d'ouverture, et la déclaration d'activité n'ouvre pas un dialogue. Le calendrier est entièrement à la charge du porteur de projet, et c'est la raison pour laquelle la plupart des difficultés d'ouverture sont des difficultés de date, pas de fond.

Trois mois avant : le local, si possible avant de signer

L'annexe II du règlement (CE) n° 852/2004 fixe les prescriptions applicables aux locaux : conception permettant un nettoyage efficace, surfaces des sols, des murs et des plans de travail faciles à nettoyer et à désinfecter, ventilation adéquate, éclairage suffisant, alimentation en eau potable en quantité suffisante, installations sanitaires ne débouchant pas directement sur les zones de manipulation, vestiaires pour le personnel, et dispositifs de lavage des mains judicieusement situés.

Le point qui coûte le plus cher lorsqu'il est découvert tard est le lave mains. Il doit être dédié au lavage des mains, disposer d'eau courante à température adéquate, de savon et de moyens d'essuyage hygiénique, et être placé là où l'on manipule, pas dans un couloir. Sa commande doit permettre d'ouvrir l'eau sans se recontaminer les mains. Ajouter un point d'eau après coup dans une cuisine finie suppose de reprendre des réseaux et parfois un sol, ce qui se compte en jours de chantier.

Le deuxième point structurant est la marche en avant. Dans un local exigu, la séparation des zones propres et souillées dans l'espace est souvent impossible, et la solution admise est la marche en avant dans le temps : les mêmes surfaces accueillent successivement des opérations différentes, avec un nettoyage et une désinfection entre chacune. Cette organisation n'est pas un pis aller, elle est parfaitement défendable, à une condition : elle doit être écrite, planifiée et réellement appliquée, et non invoquée après coup pour justifier un croisement.

  • Lave mains dédiés, à commande non manuelle, avec savon et essuyage à usage unique, aux endroits où l'on manipule.
  • Sols, murs et plans de travail lisses, imputrescibles et nettoyables, jusque dans les angles et les jonctions.
  • Ventilation et extraction dimensionnées, avec un accès permettant le dégraissage des conduits.
  • Vestiaires et sanitaires du personnel, séparés des zones de manipulation.
  • Local ou emplacement réfrigéré pour les déchets, dimensionné pour le volume réel de l'activité.
  • Espaces de stockage froid suffisants pour la carte prévue, en positif comme en négatif.

Trois mois avant : réserver la formation, parce qu'elle dépend d'un calendrier

L'article L. 233-4 du code rural et de la pêche maritime impose aux établissements de restauration commerciale de compter dans leur effectif au moins une personne justifiant de la formation spécifique en matière d'hygiène alimentaire. L'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 précise qu'il s'agit des établissements immatriculés en 56.10A, 56.10B ou 56.10C : c'est donc le code choisi à l'immatriculation qui dit si la formation est due. L'arrêté du 12 février 2024 en fixe le cahier des charges : quatorze heures, dont des mises en situation avec manipulation de matériel, ce qui interdit un parcours intégralement à distance.

Le format conforme associe donc deux modalités : dix heures suivies à distance, au rythme du stagiaire, et quatre heures en salle avec un formateur et une manipulation réelle. C'est cette seconde partie qui commande le calendrier, puisqu'elle dépend des dates de session ouvertes et du nombre de places. Une inscription prise quinze jours avant l'ouverture laisse peu de choix, et une inscription prise la veille n'en laisse aucun.

Deux décisions valent d'être prises tôt. Choisir qui sera formé, en préférant la personne qui tiendra réellement le plan de maîtrise sanitaire au quotidien plutôt que le dirigeant par principe. Et envisager de faire former deux personnes plutôt qu'une : l'attestation appartient à la personne, et le départ du seul salarié formé fait perdre la conformité de l'établissement du jour au lendemain, sans qu'aucun courrier ne le rappelle.

Là où l'erreur coûte cher

L'organisme doit être autorisé par le préfet de la région de son siège et certifié Qualiopi, au titre de l'article D. 233-12 du code rural et de la pêche maritime. Depuis le 1er février 2026, l'attestation porte le numéro de l'arrêté préfectoral qui l'autorise (instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185, point 6.2). Avant de réserver, demandez par écrit le numéro et la date de l'arrêté préfectoral d'autorisation, et recoupez les avec la liste publiée par les services de l'État en région.

Onze semaines avant : décider si un agrément sanitaire est nécessaire

La question se pose dès que le projet prévoit de fournir d'autres établissements en produits d'origine animale ou en denrées en contenant : livrer un point de vente, approvisionner une autre société du même dirigeant, vendre à un revendeur, produire pour une plateforme qui achète et revend. Un établissement qui sert uniquement des consommateurs finaux exerce une remise directe et n'a pas besoin d'agrément, quels que soient ses volumes.

Lorsque l'agrément est nécessaire, il doit être obtenu avant le début de l'activité concernée, et son instruction demande du temps. Le dossier décrit les locaux, les équipements, les circuits, les productions et les volumes, et il comporte le plan de maîtrise sanitaire complet. Un agrément conditionnel peut être délivré dans un premier temps, puis confirmé après vérification sur place.

Une dérogation existe pour les cessions limitées entre commerces de détail, encadrée par l'arrêté du 8 juin 2006 et reposant sur des plafonds de quantité et une limite de distance. Elle se demande également avant les livraisons. Dans les deux cas, la conduite à tenir est la même : poser la question à la direction départementale en charge de la protection des populations dès que le modèle économique est arrêté, et non lorsque le premier client professionnel se présente.

Deux mois avant : la déclaration d'activité, et ce qu'elle déclenche

La déclaration prévue par l'article 6 du règlement (CE) n° 852/2004 s'effectue auprès de la direction départementale en charge de la protection des populations du département d'implantation. Elle identifie l'exploitant, l'établissement, son adresse et ses activités. Elle est gratuite et ne suppose ni visite préalable, ni validation.

Elle a une conséquence pratique qu'il vaut mieux connaître : elle fait entrer l'établissement dans la programmation des contrôles. Un établissement nouvellement déclaré peut être visité dans les premières semaines de son activité, et cela arrive régulièrement. L'idée selon laquelle il existerait une période de tolérance après l'ouverture ne repose sur aucun texte.

Deux points de vigilance accompagnent cette démarche. Le premier est l'exactitude de la description d'activité : une déclaration qui mentionne uniquement de la vente alors que l'établissement servira sur place décrit mal la réalité, et la question se posera. Le second est la mise à jour : toute activité ajoutée par la suite, consommation sur place, livraison à des professionnels, production sous vide, appelle une actualisation, qui ne se fait pas d'elle même.

Deux mois avant : les fournisseurs et les documents qu'ils doivent fournir

Le référencement des fournisseurs est le bon moment pour obtenir les documents qui manqueront ensuite. Une fois la relation commerciale installée et le rythme des livraisons pris, personne ne prend le temps de réclamer une déclaration de conformité ou une attestation, et ces pièces finissent par être demandées le jour du contrôle.

Quatre familles de documents méritent d'être collectées dès le départ. Les fiches techniques des produits, qui portent la composition et donc les allergènes, et qui fondent l'information due au client. Les déclarations de conformité des matériaux au contact des denrées, exigées au titre du règlement (CE) n° 1935/2004, pour les contenants, les films et les emballages. Les attestations de traitement pour les produits qui en requièrent un, notamment le traitement contre les parasites des produits de la pêche destinés à être consommés crus. Et les fiches de données de sécurité des produits de nettoyage et de désinfection.

C'est également le moment de trancher une question qui a des conséquences durables : la carte prévue est elle compatible avec les moyens du local. Une carte comportant des préparations crues, du sous vide, des produits à durée de vie longue ou des volumes de production importants engage des obligations et des équipements qu'il vaut mieux identifier avant l'achat du matériel qu'après.

  • Fiches techniques produits, avec composition et allergènes, classées et datées.
  • Déclarations de conformité au contact alimentaire des contenants et emballages.
  • Attestations de traitement contre les parasites pour les produits de la mer servis crus.
  • Fiches de données de sécurité des produits d'entretien, classées près du local de stockage.
  • Coordonnées d'un interlocuteur qualité chez chaque fournisseur, pour le jour d'un rappel.

Six semaines avant : écrire le plan de maîtrise sanitaire, pas l'acheter

L'article 5 du règlement (CE) n° 852/2004 impose de mettre en place et d'appliquer une procédure permanente fondée sur les principes HACCP. Le plan de maîtrise sanitaire en est la formalisation usuelle, et il comporte trois volets : les bonnes pratiques d'hygiène, les procédures fondées sur les principes HACCP, et le système de traçabilité et de gestion des non conformités.

Un modèle acheté sur internet ou repris d'un confrère n'est pas un plan de maîtrise sanitaire, c'est une trame. Le contrôle porte sur l'adéquation entre le document et l'établissement : un plan qui décrit une cellule de refroidissement dans un local qui n'en possède pas, une zone de réception qui n'existe pas ou un circuit impossible dans ces murs prouve, à lui seul, qu'il n'a jamais été appliqué. Une trame est un point de départ utile à condition d'être réécrite pièce par pièce.

Le travail utile consiste à partir du réel : dessiner le plan des locaux, tracer les circuits des produits, du personnel et des déchets, établir le diagramme de fabrication des principales préparations, identifier les dangers à chaque étape, fixer les limites, décider qui surveille quoi et à quelle fréquence, et écrire ce que l'on fait quand une limite est dépassée. Six semaines ne sont pas de trop, d'autant que ce travail fait apparaître des besoins de matériel qu'il vaut mieux découvrir avant l'ouverture.

  • Volet bonnes pratiques d'hygiène : personnel, locaux, équipements, nettoyage, nuisibles, eau, déchets, matières premières.
  • Volet HACCP : diagrammes, analyse des dangers, points déterminants, limites, surveillance, corrections, vérification.
  • Volet traçabilité et non conformités : supports d'enregistrement, procédure de retrait et de rappel, gestion des réclamations.
  • Volet formation : postes, besoins, actions conduites, dates, personnes concernées.
  • Les enregistrements vierges prêts à l'emploi, imprimés ou configurés, avant le premier service.

Six semaines avant : les contrats de service et la question des déchets

Trois prestations extérieures se contractent avant l'ouverture, parce qu'elles supposent une première intervention et parce que leurs rapports constituent des preuves attendues. La lutte contre les nuisibles, avec un plan de site, des postes numérotés et des rapports de visite. Le dégraissage des hottes et des conduits d'extraction, dont la périodicité dépend de l'activité et dont le certificat est également demandé par les assureurs. Et la collecte des huiles alimentaires usagées, qui ne peuvent être ni jetées à l'évier ni mises aux ordures ménagères, et dont la reprise donne lieu à un bordereau.

Le tri à la source des biodéchets constitue le quatrième volet, et il concerne désormais tous les producteurs. L'article L. 541-21-1 du code de l'environnement impose la généralisation de ce tri, et un établissement de restauration produit mécaniquement des biodéchets dès son premier service. La solution retenue, collecte séparée par un prestataire ou traitement sur place, se choisit avant l'ouverture, parce qu'elle suppose un emplacement, des contenants et une organisation en cuisine.

Les questions locales complètent ce tableau et varient d'une commune à l'autre. Le raccordement au réseau d'assainissement, l'obligation éventuelle d'un séparateur à graisses, les conditions d'évacuation des eaux usées et les horaires de sortie des déchets relèvent du règlement sanitaire départemental et des prescriptions communales. Ce sont des sujets à traiter avec la mairie et le gestionnaire du réseau, en amont des travaux.

Un mois avant : matériel de mesure, métrologie et information du client

Le matériel de mesure est le premier poste. Il faut au minimum une sonde à pénétration pour les températures à cœur, un thermomètre infrarouge pour les contrôles de surface rapides, et un thermomètre par enceinte froide. Les enregistreurs autonomes ou connectés apportent un bénéfice réel, parce qu'ils couvrent les nuits et les fermetures, moments où surviennent la plupart des pannes.

La vérification de ces instruments doit être organisée dès le départ. Une vérification périodique dans un mélange d'eau et de glace fondante, datée et consignée, suffit à établir que l'établissement surveille son instrument de surveillance. Sans elle, des mois de relevés perdent leur valeur probante, et c'est une remarque fréquente en contrôle.

L'information du client se prépare en même temps. Les allergènes présents dans chaque préparation doivent être identifiés à partir des fiches techniques des fournisseurs et des recettes, et rassemblés sur un support tenu à jour, au titre du règlement (UE) n° 1169/2011 et du décret n° 2015-447 du 17 avril 2015. La forme est libre, l'exactitude ne l'est pas, et la personne qui prend les commandes doit savoir où trouver l'information sans hésiter dès le premier service.

Là où l'erreur coûte cher

Les fiches techniques allergènes doivent être datées et archivées à chaque modification de recette. C'est ce qui permet, des mois plus tard, d'établir la composition exacte d'un plat servi à une date donnée. Un support unique écrasé à chaque mise à jour ne le permet pas, et c'est précisément ce qui est demandé après un signalement.

Un mois avant : le personnel, les tenues et la formation d'accueil

L'annexe II, chapitre XII, du règlement (CE) n° 852/2004 impose que les personnes manipulant des denrées soient encadrées et disposent d'instructions ou d'une formation en matière d'hygiène adaptées à leur activité. Cette obligation vise tout le personnel et se distingue de la formation de quatorze heures, qui ne concerne qu'une personne de l'effectif. Elle se prépare avant l'ouverture, par un support d'accueil écrit remis à chaque arrivant.

Ce support n'a pas besoin d'être long. Il gagne à être court, illustré et affiché aux postes : lavage des mains et moments où il s'impose, tenue et changement de tenue, cheveux et bijoux, conduite à tenir en cas de plaie ou de trouble digestif, règles de rangement du froid, marche en avant dans le temps. Sa remise se consigne, avec la date et la signature, et cette trace constitue le volet formation du plan de maîtrise sanitaire.

Les questions matérielles se règlent dans le même temps : tenues en nombre suffisant pour permettre un changement effectif, organisation du lavage, vestiaires réellement utilisables, casiers, et emplacement pour les effets personnels hors des zones de manipulation. Un vestiaire prévu sur le plan mais transformé en réserve pendant les travaux est une non conformité que l'on découvre le jour de l'ouverture.

Trois semaines avant : les démarches voisines qui tombent au même moment

La vente de boissons alcoolisées suppose le permis d'exploitation prévu par l'article L. 3332-1-1 du code de la santé publique. Il s'obtient à l'issue d'une formation spécifique, distincte de la formation hygiène, et il ne dispense d'aucune obligation sanitaire. Les deux formations relèvent de deux textes différents, portent sur deux objets différents et sont contrôlées par deux autorités différentes.

La déclaration en mairie doit par ailleurs être effectuée avant l'ouverture d'un débit de boissons, dans le délai prévu par l'article L. 3332-3 du code de la santé publique, qui est d'au moins quinze jours. C'est une démarche brève, souvent oubliée dans la dernière ligne droite, et son oubli se remarque parce qu'elle laisse une trace en mairie.

Pour un établissement recevant du public, l'autorisation de travaux, les règles d'accessibilité et le passage éventuel en commission de sécurité relèvent du code de la construction et de l'habitation, et suivent leur propre calendrier, généralement plus long que les démarches sanitaires. Ces sujets ne sont pas traités ici, mais ils doivent figurer sur le même rétroplanning, car ils conditionnent la date d'ouverture bien plus souvent que l'hygiène.

Deux semaines avant : le service à blanc, et pourquoi il change tout

Un service à blanc, même limité à quelques couverts et à des proches, met à l'épreuve tout ce qui a été écrit. Il révèle les croisements que le plan ne montrait pas, les postes où il manque un point d'eau, les bacs qui ne rentrent pas, la cellule qui ne suit pas la production réelle, et les relevés que personne n'a le temps de remplir pendant un coup de feu.

C'est aussi l'occasion de remplir pour la première fois les enregistrements prévus, et cette première série a une valeur qui dépasse le test. Un établissement qui ouvre avec quelques jours de relevés déjà tenus démontre que son dispositif fonctionne. Un établissement qui ouvre avec des classeurs vierges commence son existence par une absence de preuve.

Un point de vigilance : un service à blanc au cours duquel des denrées sont préparées et consommées constitue une activité de manipulation de denrées. Les règles s'appliquent, l'établissement doit être déclaré, et la personne formée doit être dans l'effectif. La logique du texte est de couvrir la manipulation des denrées, pas la facturation.

La veille et le jour de l'ouverture : le classeur et son emplacement

La dernière étape consiste à réunir en un point unique tout ce qui sera demandé en cas de visite, et à faire en sorte que plusieurs personnes sachent où il se trouve. Un dossier parfaitement constitué mais rangé dans un bureau fermé dont seul le gérant a la clé produit, un jour d'absence, le même effet qu'un dossier inexistant.

Ce classeur contient le plan de maîtrise sanitaire, les enregistrements en cours, l'attestation de formation, la preuve de la déclaration d'activité, les contrats de service et leurs rapports, les fiches techniques et les fiches de données de sécurité, et la procédure d'accueil d'un contrôle. Une copie numérique accessible depuis un téléphone complète utilement le papier.

Le jour de l'ouverture, l'obligation est pleinement applicable. Il n'existe aucune période de tolérance, et la déclaration d'activité récente rend au contraire une visite plus probable dans les premières semaines. La bonne nouvelle est qu'un établissement qui a suivi ce calendrier est, à ce stade, mieux préparé que beaucoup d'établissements ouverts depuis dix ans, parce qu'il a écrit ses procédures pour ses propres murs et qu'il vient de les éprouver.

  • Plan de maîtrise sanitaire complet, propre à l'établissement, daté.
  • Enregistrements en cours, déjà remplis sur les jours de préparation et d'essai.
  • Attestation de formation de la personne formée, et registre du personnel à jour.
  • Preuve de la déclaration d'activité et, le cas échéant, décision d'agrément ou de dérogation.
  • Contrats et rapports : nuisibles, dégraissage, huiles usagées, biodéchets.
  • Procédure d'accueil d'un contrôle, indiquant qui fait quoi et où se trouve chaque document.

Cas concrets

Le bail signé pour une ouverture dans six semaines

Un porteur de projet signe un bail avec une ouverture prévue six semaines plus tard, dans un local qui a déjà été un restaurant, et n'a encore engagé aucune démarche.

Le délai est court mais tenable si trois chantiers démarrent le même jour. Réserver immédiatement la formation, parce que la séance en salle dépend des dates de session disponibles et que c'est la seule échéance qui ne se comprime pas. Faire un état des lieux sanitaire du local avec un regard neuf, en portant l'attention sur les lave mains, les surfaces, la ventilation et les vestiaires, un local ayant déjà été un restaurant n'étant pas conforme par héritage. Et engager l'écriture du plan de maîtrise sanitaire à partir du plan réel des locaux, ce qui prend plusieurs semaines et fait apparaître des besoins de matériel. La déclaration d'activité, elle, ne consomme pas de délai : elle se fait avant le début d'activité et n'appelle pas de réponse.

Le projet qui prévoit de fournir deux points de vente

Un créateur ouvre un laboratoire de production et prévoit d'alimenter, dès le deuxième mois, deux points de vente exploités par d'autres sociétés.

Le laboratoire ne remettra pas ses produits à des consommateurs finaux mais à d'autres établissements : il relève de l'obligation d'agrément posée par l'article 4 du règlement (CE) n° 853/2004 si les denrées contiennent des produits d'origine animale, à moins que les cessions ne restent dans les limites de la dérogation encadrée par l'arrêté du 8 juin 2006. C'est la démarche la plus longue du projet, et elle doit être engagée avant tout le reste. Le dossier suppose un plan de maîtrise sanitaire complet, ce qui signifie que l'écriture de ce document ne peut pas être repoussée à la fin. La conduite à tenir est de contacter la direction départementale en charge de la protection des populations dès maintenant, de connaître les pièces attendues et les délais, et de caler le calendrier commercial sur cette réponse plutôt que l'inverse.

Le gérant qui compte sur son expérience pour être dispensé

Un porteur de projet a travaillé quinze ans en cuisine, dont plusieurs années comme chef, et considère qu'il n'a pas besoin de la formation.

La dispense par expérience prévue à l'article L. 233-4 du code rural et de la pêche maritime vise une expérience d'au moins trois ans comme gestionnaire ou exploitant au sein d'une entreprise du secteur alimentaire, c'est à dire une qualité de direction, et non une ancienneté à un poste de production, si élevée soit elle. Deux vérifications restent ouvertes avant de conclure. Le diplôme initial figure t il sur la liste de l'arrêté du 18 novembre 2024, ce qui est fréquent pour un cursus de cuisine, l'intitulé exact devant se retrouver dans le texte. À défaut, la formation se suit, ou se fait suivre par un membre de l'effectif, puisque le texte exige une personne formée et non le dirigeant. Dans les deux cas, la décision se prend maintenant et non trois semaines avant l'ouverture.

Le contrôle qui survient trois semaines après l'ouverture

Un établissement ouvert depuis trois semaines reçoit une visite inopinée. Le plan de maîtrise sanitaire existe, les enregistrements sont vides depuis l'ouverture.

L'absence de période de tolérance après l'ouverture est réelle, et une visite précoce est d'autant plus probable que la déclaration d'activité est récente. Un plan de maîtrise sanitaire présent mais non renseigné établit que le dispositif n'est pas appliqué, ce qui est plus défavorable qu'on ne le croit : le document devient la preuve de l'écart entre ce qui était prévu et ce qui est fait. La conduite immédiate consiste à ne pas remplir rétroactivement les registres, geste facile à détecter et qui déplace le sujet vers la sincérité du dossier. Il vaut mieux dire ce qui a été fait, renseigner à compter de ce jour, et présenter le calendrier de mise en route. La leçon générale est ailleurs : les enregistrements se commencent pendant la préparation et le service à blanc, pas au premier service payant.

Questions posées sur ce sujet

Faut il une autorisation sanitaire pour ouvrir un restaurant ?
Non. L'article 6 du règlement (CE) n° 852/2004 impose une déclaration en vue de l'enregistrement de l'établissement, à effectuer avant le début d'activité. Elle est gratuite et n'appelle pas de réponse valant permission. Seul l'agrément sanitaire, imposé par l'article 4 du règlement (CE) n° 853/2004 lorsque l'établissement fournit d'autres établissements en produits d'origine animale, constitue une autorisation à obtenir avant l'activité.
Le plan de maîtrise sanitaire doit il être validé par l'administration ?
Non. C'est un document interne, dont l'exploitant est l'auteur et le responsable. Aucun service ne le vise ni ne l'approuve à l'avance. Il est examiné en contrôle, et ce qui est apprécié est son adéquation avec l'établissement et son application effective, pas sa longueur ni sa présentation.
Quand la personne formée doit elle être en poste ?
Dès le premier jour d'activité. Aucun texte n'accorde de délai après l'ouverture. Pour une activité saisonnière, la règle est identique et le calendrier plus tendu, la séance en salle de quatre heures dépendant des dates de session disponibles. La réservation se fait donc au moment où l'on signe le bail, pas au moment où l'on recrute l'équipe.
Un local ayant déjà accueilli un restaurant est il conforme d'office ?
Non. La conformité s'apprécie au regard de l'activité projetée et de l'état réel des lieux au moment de la reprise. Les prescriptions de l'annexe II du règlement (CE) n° 852/2004 ne se transmettent pas avec les murs, et un local exploité pendant des années sans difficulté peut présenter des écarts que le nouvel exploitant assumera. Un état des lieux sanitaire avant signature est le meilleur investissement d'un projet de reprise.
Combien de personnes faut il faire former avant d'ouvrir ?
Le texte en exige une par établissement immatriculé en 56.10. Beaucoup d'exploitants en forment deux, parce que l'attestation appartient à la personne et non à l'établissement : le départ du seul salarié formé fait perdre la conformité immédiatement, sans qu'aucun courrier ne le signale. La formation dure quatorze heures, dont dix à distance et quatre en salle avec manipulation, pour trois cent quarante neuf euros par stagiaire.
Faut il déclarer l'établissement avant ou après les travaux ?
La déclaration se fait avant le début d'activité, ce qui laisse une latitude sur le moment exact. La déclarer une fois les locaux achevés et la description d'activité stabilisée évite d'avoir à la corriger. En revanche, une demande d'agrément, lorsqu'elle est nécessaire, s'engage bien plus tôt, car son instruction conditionne la date de démarrage de l'activité concernée.
Le permis d'exploitation remplace t il la formation hygiène ?
Non. Le permis d'exploitation relève de l'article L. 3332-1-1 du code de la santé publique et porte sur la vente de boissons alcoolisées. La formation hygiène relève de l'article L. 233-4 du code rural et de la pêche maritime et porte sur la sécurité des denrées. Les deux obligations se cumulent, n'ont ni le même objet ni la même autorité de contrôle, et leurs formations ne sont pas interchangeables.
Peut on ouvrir sans contrat de lutte contre les nuisibles ?
Aucun texte n'impose expressément un contrat avec un prestataire, mais l'annexe II du règlement (CE) n° 852/2004 impose des procédures de lutte contre les nuisibles. Dans les faits, la démonstration passe presque toujours par un plan de site, des postes de surveillance et des rapports d'intervention, qu'un prestataire fournit et qu'un exploitant seul produit difficilement. C'est l'un des documents demandés le plus systématiquement en contrôle.

Le format

14 heures : 10 heures en distanciel, à suivre à votre rythme, puis 4 heures en présentiel avec manipulation, imposées par l'arrêté du 12 février 2024. 349 € net de taxe par personne, exonérés de TVA.

Commencez aujourd’hui, venez en salle quand cela vous arrange.

Hygiène 14 délivre l'attestation après validation des deux conditions : enseignement à distance terminé et présentiel émargé.