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Buffets, brunchs et self services : durée d'exposition, protection des denrées, réutilisation

Le buffet est le seul mode de service où le client manipule la denrée, ce qui déplace la maîtrise vers la protection physique et la durée. Le règlement (CE) n° 852/2004 impose de protéger les denrées contre toute contamination, et l'arrêté du 21 décembre 2009 fixe le maintien au chaud à soixante trois degrés au minimum. Aucun texte ne fixe la durée d'exposition : c'est à l'exploitant de la déterminer et de la justifier.

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  • Fixer une durée d'exposition défendable à partir d'une mesure faite sur votre propre matériel, et non d'une valeur reprise ailleurs.
  • Organiser le réapprovisionnement par remplacement plutôt que par complément, et écrire la règle avant le premier service.
  • Décider à l'avance du sort des denrées exposées, pour ne pas laisser la question se poser en fin de service.

Ce qui rend un buffet différent de tout autre mode de service

Dans un service à l'assiette, la denrée reste sous le contrôle du professionnel jusqu'à la table. Sur un buffet, elle est présentée à des dizaines de personnes qui s'en approchent, se penchent, parlent au dessus, touchent les ustensiles, reposent une pince, reviennent avec la même assiette. La chaîne de maîtrise s'interrompt à l'instant où le bac est posé.

Cette rupture ne se compense pas par des gestes de cuisine, aussi rigoureux soient ils. Elle se compense par trois leviers, et trois seulement : la protection physique de la denrée, la maîtrise de la température pendant toute l'exposition, et la limitation de la durée. Un buffet bien conçu est un buffet où ces trois leviers ont été réglés à l'avance, pas un buffet où quelqu'un surveille de loin.

Le quatrième levier, souvent oublié, est humain. Un buffet sans personne chargée de le surveiller est un dispositif abandonné : personne ne remarque la pince tombée dans le bac, le couvercle resté ouvert, le bac de charcuterie qui s'est réchauffé, l'enfant qui pioche à pleines mains. Désigner nommément un responsable du buffet pendant le service, avec une mission écrite, change davantage la sécurité de l'ensemble que l'achat d'un meuble supplémentaire.

Là où l'erreur coûte cher

Le format buffet donne au client l'impression que le produit lui appartient dès qu'il est exposé. Un professionnel qui retire un bac, remplace un ustensile ou refuse une manipulation exerce simplement sa responsabilité d'exploitant. Cette autorité doit être explicitement donnée à la personne en charge du buffet, sans quoi elle n'osera pas s'en servir.

Ce que le texte impose vraiment : protéger contre la contamination

Le règlement (CE) n° 852/2004, à son annexe II, chapitre IX, impose que les denrées soient protégées, à toutes les étapes, contre toute contamination susceptible de les rendre impropres à la consommation humaine, dangereuses pour la santé ou contaminées de telle manière qu'il serait déraisonnable de les consommer en l'état. C'est la base juridique de toutes les protections physiques d'un buffet.

Le texte n'impose pas un dispositif particulier, il impose un résultat. Une vitrine, un écran de protection placé à hauteur, un couvercle, des cloches individuelles, un service à l'assiette par un professionnel derrière le comptoir, un conditionnement en portions individuelles : plusieurs solutions remplissent la fonction, et le choix relève de l'exploitant en fonction de son offre et de sa configuration.

Le second texte structurant est l'arrêté du 21 décembre 2009, qui impose le maintien à soixante trois degrés au minimum pour les préparations destinées à être consommées chaudes, et le maintien à leur température de conservation pour les denrées réfrigérées. Ces seuils valent pendant toute la durée d'exposition, y compris à la dernière minute d'un service qui s'étire.

  • Une protection physique interposée entre les convives et la denrée, adaptée à la hauteur réelle du buffet.
  • Un matériel qui maintient réellement la température, et non un contenant qui la conserve un moment.
  • Une distance et une disposition qui évitent que les convives ne se penchent au dessus des bacs.
  • Un ustensile par préparation, dont le manche reste hors du produit.
  • Une personne désignée pour surveiller, réapprovisionner et intervenir, pendant toute l'ouverture du buffet.

Le chaud : un seuil, et le piège du bac qui se vide

Un bac chaud plein tient sa température sans difficulté. Le même bac, à moitié vide en fin de service, présente une surface d'échange bien supérieure à son volume, et sa température s'effondre alors que l'afficheur du meuble n'indique aucune anomalie. C'est la principale source de non conformité relevée sur les buffets chauds, et elle survient précisément au moment où l'attention de l'équipe se relâche.

Deux réponses fonctionnent, et elles se combinent. La première consiste à utiliser des bacs de plus petit format et à les remplacer plus souvent, plutôt que de vider un grand bac jusqu'au fond. La seconde consiste à imposer un relevé de fin de service, écrit, sur les préparations chaudes : c'est un contrôle de trois minutes qui documente précisément l'instant le plus critique.

Le matériel de maintien doit par ailleurs être choisi pour ce qu'il fait. Un bain marie, une rampe chauffante, une armoire chaude maintiennent une température, ils ne la remontent pas. Une préparation qui arrive au buffet en dessous du seuil ne remontera pas, et un bac qui a chuté pendant le service ne se rattrape pas en le laissant en place : il se retire.

Moment du serviceCe qui se passeCe qu'il faut faire
Mise en placeLe matériel n'est pas encore à températurePréchauffer le meuble avant de poser les bacs, jamais l'inverse
Ouverture du buffetTempérature la plus favorable de tout le serviceRelever et consigner la valeur de départ
Milieu de serviceOuvertures répétées, réapprovisionnementsRemplacer les bacs entamés plutôt que les compléter
Fin de serviceBacs peu remplis, chute rapide de températureRelever, retirer ce qui est en dessous du seuil
FermetureDécision sur ce qui resteAppliquer la consigne écrite, sans arbitrage improvisé

Le froid : la remontée qu'aucun affichage ne montre

Un buffet froid présente le problème inverse et il est plus insidieux, parce que rien ne se voit. Une salade composée posée sur un lit de glace pilée, une charcuterie sur un plateau réfrigéré, un dessert lacté dans une vitrine ouverte remontent lentement en température sous l'effet de l'air ambiant, du rayonnement des lampes et du passage des convives.

La mesure décisive n'est pas celle de l'air de la vitrine mais celle du produit, prise au centre de la préparation la plus exposée, généralement celle qui est le plus près du bord et le plus haut. Cette mesure doit être faite une première fois lors de la conception du buffet, sur une durée équivalente à celle du service réel, pour établir la courbe de remontée. Elle fixe ensuite la durée d'exposition et l'organisation du réapprovisionnement.

La glace, lorsqu'elle est utilisée, doit remplir sa fonction et non l'apparence de sa fonction. Un plat posé sur une couche mince de glace fondue en surface n'est plus refroidi. La glace doit être en quantité suffisante, remontant sur les côtés du contenant, renouvelée pendant le service, et l'eau de fonte doit s'évacuer au lieu de stagner sous les produits.

Là où l'erreur coûte cher

Les préparations à base d'œufs, de crème, de produits laitiers frais, de produits de la mer ou de charcuteries tranchées sont celles pour lesquelles la remontée en température est la moins pardonnable. Ce sont aussi celles que l'on retrouve le plus souvent sur les brunchs. Elles justifient à elles seules des portions individuelles ou un service par un professionnel plutôt qu'un bac en libre accès.

La durée d'exposition : aucun texte ne la fixe, c'est donc à vous de le faire

C'est la question la plus fréquente et celle dont la réponse déçoit : aucun texte français ou européen ne fixe de durée maximale d'exposition d'une denrée sur un buffet en restauration commerciale. Cette absence n'est pas une liberté, elle est une charge. Elle renvoie à l'obligation de l'article 5 du règlement (CE) n° 852/2004 de mettre en place une procédure fondée sur les principes HACCP, dans laquelle l'exploitant fixe ses propres limites.

Une durée défendable se construit en trois temps. On mesure d'abord, sur son propre matériel et sur les préparations réelles, l'évolution de la température au produit pendant une durée supérieure à celle du service prévu. On retient ensuite la durée au terme de laquelle le seuil applicable est encore respecté avec une marge. On écrit enfin cette durée dans le plan de maîtrise sanitaire, on l'affiche au poste, et on l'applique.

Trois facteurs conduisent à raccourcir cette durée par rapport à ce que la seule température autoriserait. La nature du produit, un produit prêt à consommer et non protégé appelant plus de prudence qu'une préparation cuite servie chaude. La fréquentation, un buffet très fréquenté subissant davantage de manipulations et d'ouvertures. Et le public, la présence de convives sensibles justifiant une durée plus courte. Une durée écrite, courte et tenue vaut infiniment mieux qu'une durée longue jamais vérifiée.

Le réapprovisionnement : remplacer, jamais compléter

Verser un bac frais dans un bac entamé est le geste le plus naturel et l'un des plus problématiques. Il mélange deux générations de produit, il aligne la totalité du bac sur l'historique le plus défavorable, et il rend impossible tout décompte de durée d'exposition. Il transmet en outre au produit frais ce que le produit exposé a pu recevoir.

La règle qui règle le problème tient en un mot : on remplace. Le bac entamé est retiré, son contenu suit la consigne écrite applicable aux denrées exposées, et un bac propre contenant du produit frais prend sa place. Cette règle a une conséquence matérielle qu'il faut assumer au moment de concevoir le buffet : il faut disposer de bacs en nombre suffisant, et d'un espace de lavage capable d'absorber le rythme.

Le corollaire est le dimensionnement. Un buffet dont les bacs sont trop grands pour la fréquentation réelle produit mécaniquement de longues expositions et de gros volumes retirés en fin de service. Un buffet dimensionné juste, réapprovisionné souvent, coûte moins cher en pertes qu'un buffet généreux dont la moitié part à l'élimination. La règle sanitaire et la règle économique vont ici dans le même sens, ce qui est assez rare pour être signalé.

  • Un bac de remplacement propre, préparé et maintenu en réserve à bonne température.
  • Un retrait du bac entamé avant la mise en place du bac neuf, jamais après.
  • Des bacs dimensionnés pour la fréquentation réelle, quitte à multiplier les remplacements.
  • Une consigne écrite interdisant explicitement le complément d'un bac entamé.
  • Un ustensile de service neuf à chaque remplacement, l'ancien partant au lavage.

Ce qui a été exposé ne revient pas dans la chaîne

Une denrée présentée en libre service, accessible aux mains, aux ustensiles et à l'haleine des convives, a quitté la chaîne maîtrisée. Il n'existe aucun moyen, à la fin d'un service, d'établir ce qu'elle a subi. L'article 14 du règlement (CE) n° 178/2002 interdit de mettre sur le marché une denrée dangereuse, et la démonstration de l'innocuité d'un produit exposé au libre service n'est pas possible.

La conduite qui en découle doit être écrite avant le premier service, parce qu'une décision prise à vingt trois heures devant une quantité importante de nourriture se prend rarement dans le bon sens. La consigne consiste à ne pas remettre en service les denrées exposées, quel que soit leur aspect, et à organiser leur élimination. Le fait de les proposer au personnel n'est pas une échappatoire : le personnel est un consommateur, et l'exploitant reste responsable de ce qu'il lui sert.

Le sort des denrées non exposées est en revanche tout différent, et c'est ce qui rend le dimensionnement des bacs si rentable. Une préparation restée en réserve, jamais sortie, correctement conservée, reste utilisable dans la limite de sa durée de vie. Le raisonnement s'applique donc bac par bac, et une organisation qui distingue clairement le stock exposé du stock en attente réduit fortement les pertes.

Là où l'erreur coûte cher

La question des dons alimentaires appelle la même analyse. Un don porte sur une denrée sûre, et donner une denrée dont on ne peut pas établir l'innocuité transfère un risque au lieu de rendre un service. Les denrées non exposées et correctement conservées peuvent entrer dans un circuit de don organisé ; les denrées exposées au libre service ne le peuvent pas.

Ustensiles, vaisselle et gestes des convives

Chaque préparation dispose de son propre ustensile, et cet ustensile ne circule pas d'un bac à l'autre. Le mélange des pinces est la voie la plus directe de transfert d'allergènes entre les plats, et c'est un point que les convives ne perçoivent pas comme un problème. La disposition physique aide plus que les consignes : un ustensile posé dans un support attitré, à côté de son bac, revient plus naturellement à sa place qu'un ustensile posé dans le produit.

Le changement périodique des ustensiles pendant le service fait partie de la procédure, au même titre que le réapprovisionnement. Une pince manipulée par cent personnes est une surface de contact importante, et son remplacement à intervalle régulier coûte un passage au lavage.

La vaisselle des convives constitue le troisième point. Dans un self à volonté, la réutilisation de la même assiette entre deux passages ramène au buffet ce qui a séjourné dans une assiette utilisée. La consigne d'assiette propre à chaque passage est simple à afficher, elle demande une organisation du poste de retour de vaisselle, et elle règle une contamination difficile à traiter autrement.

Les allergènes sur un buffet, un exercice à part

L'information sur les allergènes est due pour les denrées non préemballées au titre du règlement (UE) n° 1169/2011 et du décret n° 2015-447 du 17 avril 2015. Sur un buffet, l'exercice est plus difficile qu'à la carte, parce que le convive se sert seul et parfois sans interlocuteur.

Trois dispositifs se rencontrent et fonctionnent. L'étiquette par plat, portant la dénomination et les allergènes présents, placée devant chaque bac. Le support consultable, classeur ou écran, signalé par un affichage bien visible à l'entrée du buffet. Et la personne référente, formée, présente et identifiable, à laquelle un convive peut poser sa question sans avoir à chercher quelqu'un en cuisine. Le meilleur dispositif combine les trois.

La contamination croisée par les ustensiles reste le point faible de tout buffet, et il faut le traiter honnêtement. Pour un convive dont l'allergie est sévère, le service à l'assiette depuis la cuisine est la seule réponse réellement sûre, et la proposer est plus professionnel que de laisser croire qu'un buffet peut garantir l'absence de traces. Cette possibilité doit être connue du personnel de salle et proposée spontanément.

Brunch et petit déjeuner : l'amplitude horaire comme facteur aggravant

Un brunch dure trois à quatre heures, parfois davantage, et c'est cette amplitude qui en fait un format à part. Les mêmes préparations restent exposées pendant toute cette durée, avec une fréquentation qui varie fortement, des pics et des creux. Les creux sont les moments dangereux : plus personne ne se sert, plus personne ne surveille, et les bacs vieillissent.

Le brunch cumule par ailleurs les familles de produits les plus sensibles : œufs sous toutes leurs formes, produits laitiers frais, charcuteries et saumon fumé tranchés, pâtisseries à la crème, jus pressés, fruits coupés. Presque tout y est prêt à consommer, et une part importante y est servie froide. La réponse la plus efficace est le fractionnement : plutôt qu'un buffet installé pour quatre heures, deux ou trois mises en place successives, avec remplacement complet des bacs.

Le petit déjeuner d'hôtel pose les mêmes questions dans une version étalée, avec en plus des équipements en libre service qui appellent une attention propre. Les distributeurs de céréales et de boissons, les machines à café, les presse agrumes, les grille pains et les cuiseurs à œufs sont des points de nettoyage à part entière, souvent absents des plans de nettoyage parce qu'ils ne ressemblent pas à du matériel de cuisine.

  • Un fractionnement du service en plusieurs mises en place plutôt qu'une exposition continue.
  • Des portions individuelles protégées pour les produits les plus sensibles.
  • Un relevé de température en début, en milieu et en fin de service, consigné.
  • Les équipements en libre service inscrits nommément au plan de nettoyage, avec démontage périodique.
  • Une consigne de surveillance des creux de fréquentation, moments où le dispositif se relâche.

Le buffet hors les murs : réception, terrasse, extérieur

Un buffet installé hors de l'établissement cumule les contraintes de la présentation et celles du transport. Les températures de conservation s'appliquent pendant le trajet comme pendant l'exposition, conformément à l'arrêté du 21 décembre 2009, qui couvre le transport des denrées. Le matériel isotherme ne produisant ni froid ni chaleur, la durée du trajet et la charge doivent avoir été validées par une mesure préalable.

L'extérieur ajoute trois facteurs. Le soleil et la chaleur ambiante accélèrent toutes les dérives, y compris sous une tente. Les insectes imposent une protection continue des denrées, et un produit découvert quelques minutes en extérieur ne se rattrape pas. Le vent et la poussière contaminent des surfaces que l'on croit propres, y compris les piles d'assiettes et les couverts.

Le lavage des mains constitue le point le plus souvent absent des installations éphémères. Un poste de lavage des mains alimenté en eau, avec savon et essuyage à usage unique, doit être prévu pour le personnel, et sa présence conditionne à peu près tout le reste. Improviser un buffet extérieur sans y avoir pensé revient à demander à l'équipe de travailler sans le geste d'hygiène le plus élémentaire.

Ce que le contrôle regarde sur un buffet, et ce qu'il vous demandera d'écrire

L'observation directe précède toute demande de document. La sonde entre dans le bac le moins fourni, celui qui est le plus près de la lampe ou du bord, en fin de service de préférence. La protection physique est appréciée à hauteur réelle de convive, ce qui écarte les écrans placés trop haut ou trop en retrait. Les ustensiles sont regardés, un par bac ou non, manche dans le produit ou non.

La demande documentaire porte ensuite sur trois points précis. La durée d'exposition que vous avez retenue, et ce sur quoi elle repose. La règle de réapprovisionnement, et notamment l'interdiction de compléter un bac entamé. Le sort des denrées exposées en fin de service, écrit et non laissé à l'appréciation du soir. Ces trois points forment le cœur du sujet, et leur absence caractérise un buffet non maîtrisé quelle que soit la qualité de la cuisine en amont.

Le troisième temps porte sur la cohérence entre l'écrit et l'observé. Une procédure qui prévoit un relevé de fin de service dans un établissement dont les registres ne comportent que des relevés du matin établit que la procédure n'est pas appliquée. Il vaut mieux écrire une règle modeste et la tenir qu'une règle ambitieuse jamais mise en œuvre, et cette remarque vaut pour l'ensemble du plan de maîtrise sanitaire.

Cas concrets

Le buffet de charcuteries d'un brunch de quatre heures

Un établissement propose un brunch de onze heures à quinze heures, avec un plateau de charcuteries tranchées et un saumon fumé présentés sur un lit de glace, réapprovisionnés en cours de service par ajout dans le plateau existant.

Deux pratiques posent problème. La durée d'exposition, quatre heures pour des produits prêts à consommer présentés sans protection thermique active, n'a jamais été validée par une mesure. Et le réapprovisionnement par ajout aligne l'ensemble sur le produit le plus ancien. La reprise se fait en trois gestes. Mesurer, une fois, la remontée en température au produit sur quatre heures dans les conditions réelles, ce qui conduira très probablement à raccourcir. Fractionner le service en deux ou trois mises en place avec remplacement complet du plateau. Et privilégier, pour ces familles de produits, des portions individuelles ou un service par un professionnel derrière le comptoir, qui règle en même temps la question des allergènes et celle des manipulations.

Le bac de gratin en fin de service

En fin de service, il reste un fond de gratin dans un grand bac de la rampe chaude. La température relevée au produit est nettement inférieure au seuil, alors que l'afficheur du meuble indique une valeur correcte.

L'écart entre l'afficheur et le produit est normal : le meuble mesure l'air, et un bac presque vide n'a plus la masse nécessaire pour tenir sa température. Le produit se retire, il ne se remonte pas en le laissant en place, et il ne se réutilise pas puisqu'il a été exposé au libre service. La prévention est structurelle : des bacs de plus petit format remplacés plus souvent, une réduction volontaire des quantités présentées en fin de service, et un relevé écrit de fin de service qui rend le phénomène visible avant qu'il ne devienne un constat. Ce relevé est aussi la meilleure preuve, en contrôle, que l'établissement surveille le moment le plus critique de son service.

La convive allergique devant le buffet

Une cliente signale une allergie sévère aux fruits à coque et demande quels plats du buffet elle peut consommer.

L'information sur les allergènes présents dans chaque préparation est due au titre du règlement (UE) n° 1169/2011 et du décret n° 2015-447 du 17 avril 2015, et elle doit être donnée avec exactitude. Elle ne suffit pourtant pas ici, parce qu'un buffet ne permet pas d'exclure le transfert par les ustensiles et par les convives eux mêmes. La réponse professionnelle consiste à indiquer précisément la composition des plats, puis à proposer spontanément une assiette préparée en cuisine, avec un matériel nettoyé et un ordre de préparation maîtrisé. Cette proposition doit être connue de toute l'équipe de salle et figurer dans la procédure allergènes, parce qu'elle transforme une situation à risque en service rendu.

Le buffet de réception installé sous une tente en été

Un traiteur installe un buffet froid sous une tente en extérieur, en été, pour une réception de trois heures, avec transport depuis le laboratoire en caissons isothermes.

Trois maîtrises se cumulent et doivent avoir été préparées. Le transport, soumis aux températures de conservation par l'arrêté du 21 décembre 2009, suppose une validation préalable du caisson sur la durée et la charge réelles. L'exposition en extérieur accélère toutes les dérives : la durée retenue en salle n'est pas transposable, et une mesure spécifique s'impose, avec un recours accru aux portions protégées et aux remplacements fréquents. La protection contre les insectes et la poussière est continue, y compris pour les piles d'assiettes et les couverts. Enfin, un poste de lavage des mains alimenté en eau, avec savon et essuyage à usage unique, doit être installé pour le personnel : son absence rend l'ensemble du dispositif indéfendable, quel que soit le soin apporté au reste.

Questions posées sur ce sujet

Existe t il une durée maximale légale d'exposition sur un buffet ?
Non, aucun texte ne la fixe en restauration commerciale. La durée relève de la procédure fondée sur les principes HACCP prévue par l'article 5 du règlement (CE) n° 852/2004 : l'exploitant la détermine, la justifie par une mesure et l'écrit. Ce qui est contrôlé, c'est l'existence de cette durée, sa justification et son application effective.
Peut on réutiliser le lendemain ce qui reste d'un buffet ?
Les denrées exposées au libre service ne se réutilisent pas : rien ne permet d'établir ce qu'elles ont subi, et l'article 14 du règlement (CE) n° 178/2002 interdit de mettre sur le marché une denrée dangereuse. Les denrées restées en réserve, jamais sorties et correctement conservées, restent en revanche utilisables dans la limite de leur durée de vie. La distinction se joue donc au moment de la mise en place, pas en fin de service.
Un écran de protection est il obligatoire au dessus d'un buffet ?
Aucun texte n'impose ce dispositif en particulier. L'annexe II, chapitre IX, du règlement (CE) n° 852/2004 impose de protéger les denrées contre toute contamination, et l'écran est l'une des solutions possibles, avec les couvercles, les vitrines, les portions individuelles ou le service par un professionnel. Ce qui est vérifié est l'efficacité réelle de la protection à hauteur de convive.
Faut il relever les températures d'un buffet plusieurs fois par service ?
Aucune fréquence n'est imposée. La pratique la plus utile consiste à relever au moins à l'ouverture et en fin de service, parce que la fin de service est le moment le plus critique, notamment pour les bacs chauds peu remplis. Un relevé qui ne porte que sur la mise en place manque précisément l'instant où le problème apparaît.
Peut on compléter un bac entamé avec du produit frais ?
C'est à proscrire, et la consigne doit être écrite. Le complément mélange deux générations de produit, aligne l'ensemble sur l'historique le plus défavorable et rend tout décompte de durée impossible. La règle est le remplacement du bac, ce qui suppose d'avoir prévu des bacs en nombre suffisant lors de la conception du buffet.
Un self service relève t il des mêmes règles qu'un buffet de restaurant ?
Les règles d'hygiène sont les mêmes : protection contre la contamination, températures, durée d'exposition déterminée par l'exploitant. L'obligation de formation aussi : les cafétérias et autres libres-services figurent parmi les établissements de restauration commerciale visés par le décret n° 2011-731, au même titre que la restauration traditionnelle : l'instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 les identifie au code 56.10B.
Doit on changer les pinces de service pendant le service ?
Aucun texte ne fixe de fréquence, mais un ustensile manipulé par des dizaines de convives est une surface de contact importante. Un remplacement à intervalle régulier, inscrit dans la procédure du buffet, est simple à mettre en œuvre et se remarque favorablement. Le remplacement systématique lors de chaque changement de bac est la règle la plus facile à tenir.
Les denrées d'un buffet peuvent elles être données à une association ?
Un don porte sur une denrée sûre. Les denrées exposées au libre service ne permettent pas d'établir cette sûreté et n'ont pas vocation à entrer dans un circuit de don. Les préparations restées en réserve, non exposées et correctement conservées, peuvent en revanche s'y prêter, dans le cadre d'une convention organisée et avec la traçabilité correspondante.

Le format

14 heures : 10 heures en distanciel, à suivre à votre rythme, puis 4 heures en présentiel avec manipulation, imposées par l'arrêté du 12 février 2024. 349 € net de taxe par personne, exonérés de TVA.

Commencez aujourd’hui, venez en salle quand cela vous arrange.

Hygiène 14 délivre l'attestation après validation des deux conditions : enseignement à distance terminé et présentiel émargé.