Locaux

Ventilation et extraction : obligations et entretien

Le règlement exige une ventilation adéquate, mécanique ou naturelle, évitant tout flux d'air d'une zone contaminée vers une zone propre. Les filtres et conduits doivent rester accessibles et entretenus, avec des preuves d'intervention conservées.

Vérifié le 6 octobre 2026 au regard de : Règlement (CE) n° 852/2004 du 29 avril 2004, annexe II, chapitre I, points 2, 5 et 6

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Publié le 23 février 2026 · Mis à jour le 6 octobre 2026 · 6 min de lecture · Par Équipe pédagogique Hygiène 14

Croisement des flux en cuisine : bac de vaisselle sale d'un côté, assiettes propres de l'autre

Ce que la ventilation doit assurer

Le dernier point est le plus souvent négligé. Une hotte puissante sans entrée d'air compensatoire met le local en dépression, aspire l'air de la salle, des sanitaires ou des gaines, et transporte exactement ce qu'il fallait éviter.

  • L'évacuation des buées, fumées et chaleur des postes de cuisson
  • Un renouvellement d'air suffisant pour limiter la condensation
  • Un sens de circulation qui ne pousse pas l'air sale vers les zones propres
  • Un accès permettant le nettoyage des filtres et des gaines
  • Une compensation d'air, faute de quoi la hotte ne fonctionne pas correctement

Référence : Annexe II du règlement (CE) n° 852/2004.

Comment savoir si la ventilation est insuffisante ?

Les murs et l'air le disent avant l'inspecteur : condensation, buée qui stagne, portes qui résistent, odeurs de cuisine en salle. Chaque signe a sa cause probable.

Le constat n'est pas anodin. Exercer dans des locaux « mal aérés ou ventilés » est une contravention de 5e classe (article R. 237-2 du code rural et de la pêche maritime). Côté salariés, quand l'aération est mécanique, l'article R. 4222-6 du code du travail fixe un débit minimal d'air neuf par occupant : 30 mètres cubes par heure dans les locaux de restauration et de vente, 45 dans les ateliers à travail physique léger, 60 dans les autres ateliers.

Signe visibleCause probable
Condensation sur les murs et les plafondsRenouvellement d'air insuffisant
Buée persistante pendant le serviceDébit d'extraction sous-dimensionné
Portes difficiles à ouvrirDépression, manque de compensation d'air
Odeurs de cuisine en salleSens de circulation inversé
Moisissures dans les angles hautsHumidité stagnante durable

L'entretien et ses preuves

Pour un restaurant qui reçoit du public, le règlement de sécurité incendie chiffre le minimum (article GC 21 de l'arrêté du 25 juin 1980). Les filtres sont nettoyés ou remplacés au moins une fois par semaine, donc tous les 7 jours au plus. Les conduits d'évacuation sont ramonés, et leur vacuité vérifiée, au moins une fois par an, soit tous les 12 mois au plus. Le circuit d'extraction des buées et graisses se nettoie chaque fois que nécessaire, et les dates s'écrivent dans un livret d'entretien annexé au registre de sécurité.

Le certificat de dégraissage est demandé par l'assureur au moins autant que par l'inspecteur. Le ranger avec le contrat de dératisation et les rapports de maintenance évite de le chercher.

  • Nettoyage des filtres à graisse selon l'encrassement, plusieurs fois par semaine en cuisine de grillades
  • Nettoyage du caisson et du plénum, à fréquence définie dans le plan
  • Dégraissage professionnel des conduits, avec certificat conservé
  • Vérification périodique du moteur et des débits, avec rapport
  • Contrôle visuel mensuel des grilles de reprise et des bouches

Référence : Arrêté du 25 juin 1980, article GC 21.

Le croisement avec la sécurité incendie

Les dépôts gras dans les conduits sont un facteur d'incendie majeur en restauration. Le règlement de sécurité encadre donc aussi la construction : dans une grande cuisine isolée, c'est-à-dire au-delà de 20 kW de puissance de cuisson, les conduits d'extraction sont métalliques et rigides, et ceux qui traversent d'autres locaux du bâtiment offrent un degré coupe-feu d'au moins 60 minutes (article GC 10). Les hottes portent des éléments qui retiennent les graisses, faciles à nettoyer et à remplacer.

Sur ce point, hygiène et sécurité disent la même chose : un conduit propre protège les denrées et l'établissement. C'est l'une des rares dépenses qui répond à deux exigences à la fois.

Référence : Arrêté du 25 juin 1980, articles GC 1 et GC 10.

Questions fréquentes sur ce sujet

Une fenêtre suffit-elle comme ventilation ?
Une ventilation naturelle peut convenir dans certains cas, mais elle doit rester adéquate au regard de l'activité. Une fenêtre ouverte sans protection contre les nuisibles pose par ailleurs un autre problème.
Faut-il une hotte dans toutes les cuisines ?
Dès qu'il y a cuisson, l'extraction devient nécessaire pour évacuer buées et graisses. La configuration dépend des équipements installés.
À quelle fréquence changer les filtres ?
Au moins une fois par semaine, nettoyage ou remplacement, selon l'article GC 21 du règlement de sécurité incendie. Les filtres métalliques se nettoient plutôt qu'ils ne se changent ; les filtres à charbon se remplacent selon la préconisation du fabricant.
Que vérifie l'inspecteur ?
L'état visible des filtres et de la hotte, la présence de condensation, et l'existence de preuves d'entretien pour les conduits.

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